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mercredi 31 mars 2010

Archi tectonique.vol III

La dalle:

Une micro fissure sous la galerie (on la voit pas très bien sur la photo.)


Une autre un peu plus sérieuse qui "isole" le coin de la galerie mais sans traverser toute l'épaisseur de la dalle.


Un peu embêtant dans la mesure où le poteau qui soutient ce coin de dalle est un peu fissuré:



Les fondations:


3 fissures reliées entre elles par les fissures de la dalle inférieure:

La première côté ouest:



La deuxième côté Nord:


La troisième côté est (à gauche du savon):



Conclusion, la maison est en train de s'ouvrir par le bas.
Embêtant!!!!

Allez pour la route et rappeler l'importance des chainages un hommage à susan et sa magnifique frise celtique:

.
Et pour ne pas faire mentir ma réputation de monomaniaque: des panneaux solaires (l'installation électrique a parfaitement tenue le choc, dommage que la maison ne soit plus habitable!).


Archi tectonique.vol II

Reprenons l'exemple de la maison de Vallue:En entrant on ne risque pas de louper les nombreuses fissures qui zèbrent le sol parfois de part en part. Rappelons que la dalle qui compose le sol n'est pas feraillée.

Les Murs:

Face A: sous la galerie


Face B: Dans la chambre



Donc la si vous avez suivi vous comprenez mieux l'importance du chainage des portes et fenêtres: la quasi totalité des fissures partent des ouvertures pour rejoindre les angles
Démonstration avec le mur d'en face:



Maintenant voyons l'exemple d'un panneau de contreventement plein, mais qui n'a pas de panneau perpendiculaire et pas de contreventement horizontal (c'est la pièce qui est couverte en tôle):



Un petit dernier pour la route des fois que vous n'auriez pas compris l'importance du chainage des ouvertures:

CONCLUSION: Aucun mur n'est intact...

lundi 29 mars 2010

la maison de vallue



En vue complète il y a un an
Devant la citerne.
Les poutres et les poteaux blancs c'est les allumettes...

samedi 27 mars 2010

parasismique

Trouvé sur youtube

un petit guide intéressant

Archi tectonique.

Parlons franchement de maçonnerie...
Agro-sociologue je n'y connais rien dans le domaine d'où ma tentative d'écrire un article qui aurait pu s'intituler "le parasismique pour les nuls" ou "ce que je crois avoir compris sur la notion de contreventement"
Exemple illustré avec le cas de ma maison de vallue.
Je n'ai pas de photos d'ensemble. Résumé de la construction:

  • 9m*6m soit 54 m2 forme rectangulaire
  • La couverture est constituée d'une dalle pleine de 8 cm quadrillée en fer 3/8¨ et 1/2¨ couvrant 39 m2 les 15 m2 restants sont couverts en tole
  • Les fondations sont en roches, les murs en parpaings de fabrication locale (non vibrés)
  • 9 poteaux constitués de 2 fers 3/8 et un fer 1/2 soutiennent la dalle. Ils sont ancrés au sol au moyen d'une semelle d'environ 50 cm*50 cm.
  • Les poteaux sont reliés entre eux en haut des rangées de parpaings (10 au total) par des poutres de composition équivalentes aux poteaux.
  • Il n'y a pas de chainage au niveaux des ouvertures ni au sommet des fondations (a plus forte raison au niveau des semelles.

Tentons d'imaginer ça avec des allumettes.

Nous avons donc 9 allumettes verticales, reliées entre elles par des allumettes horizontales à l'extrémité haute. Le tout soutenant une dalle de 39 m2 par 0.08m soit 3.12 m3 de béton armée qui pèse heu beaucoup. (7.8 T si je ne m'abuse merci jacques)
Essayez dans votre salon vous verrez que déja l'absence de chainage horizontal nuit à la stabilité de l'ensemble.
Maintenant prenez votre petite maquette et appliquez une pression verticale dessus, mettez y un éléphant (immobile l'éléphant). ça tient.
Soufflez dessus par le côté: Tout s'écroule.
Conclusion : Votre construction résiste aux pressions verticales beaucoup moins aux pressions horizontale. (Un rectangle se déforme à la moindre pression non homogène sur l'un de ses cotés)

Et là ....


TADAM




Roulement de tambour: Le panneau de contreventement.

Reprenons notre rectangle d'allumettes remplissons avec des parpaings (prenez un morceau de carton ça fera l'affaire pour la maquette. Et vous avez un panneau indéformable.
Mettez en deux perpendiculaires, remettez en deux autres dans le coin opposé de la maison, votre dalle faisant office de contreventement horizontal (assurant la rigidité des panneaux verticaux face aux risques de déformation.

En gros les forces horizontales se retrouvent transmises aux panneaux de contreventement verticaux et renvoyés dans le sol.

Voila la théorie maintenant nous allons voir comment je me retrouve avec minimum 2000 € de réparation sur ma maison (et j'estime que je m'en tire bien)

Bon j'espère qu'après ces explications si un jour un de mes anciens profs de physique me lit il se mordra les doigts de m'avoir mis 2 de moyenne de la seconde à la terminale.

Si un lecteur plus compétent que moi (et je sais qu'ils sont nombreux) veut compléter mes explications vaseuses: qu'il n'hésite pas.

vendredi 12 mars 2010

Visite à vallue vol I


un copain qui était à PAP au moment du séisme me disait que le 12 janvier la phrase qu'ils ont répétés en boucle pendant toute la soirée était "oh putain", ou son équivalent créole "tèt chaje".
Effectivement la zone de léogane particulièrement, il ne reste pas beaucoup de maisons intactes.
Ailleurs ce sont essentiellement les gros batiment (école, églises, administrations qui se sont écroulés (collapsed le mot de l'année!).
Et puis après c'est extrêmement variable d'une zone à l'autre.
A vallue par exemple: a ti plas (là ou se trouve mam maison) les dégats sont relativement modérés. Le sous sol étant rocheux et la plupart des maisons à ossature bois il y a peu de maisons détruites (3 ou 4 sur une vingtaine ont des dégats nécessitant une importante réparation.
Pour les autres ce sont les "panneaux" c'est à dire les murs de roches (voir photos ci dessous qui se sont désolidarisés de la structure et sont tombés. Il suffira de passer quelques fils à ligature entre les poteaux (ou de mettre des croix de saint andré comme dans les maisons à colombage) pour que le problème soit résolu dans l'avenir. Autre solution remplacer les panneaux en roches par des contreplaqués qui feront ainsi office de panneaux de contreventement.

Plus haut en revanche la zone de kay janno (une vingtaine de maisons) est totalement inhabitable suite à des éboulements de terrains.
A piton (le plateau qui surplombe vallue) il n'y a plus guère de maisons debout.

En contrebas de vallue, la rivière de grand goave a été bloquée par un éboulement de terrain, un énorme lac est en train de se former qui menace la ville. Il paraît que l'armée américaine est sur le coup, on peut donc dormir sur nos deux oreilles.

lundi 8 mars 2010

Table vibrante

Je suis descendu à Port Au Prince hier, à partir d'Arcahaie on a l'impression d'un banc d'essai à intensité graduelle.
Sorte de test grandeur nature et macabre de la résistance des constructions.
Au niveau des constructions individuelles, l'un des éléments qui a fait le plus de dégâts est l'absence sur 99% des maisons de chaînage au niveau des ouvertures.
Résultat les fameux panneaux de contreventement (un mot tellement abscons que même mon correcteur d'orthographe le connait pas...) ne contreventent rien du tout.
Je monte à Vallue (Petit-goâve) demain. Un petit reportage photo vaudra toutes les démonstrations.

samedi 6 mars 2010

Du solaire pour Port Au Prince

Voici un extrait du rapport du Réseau National de Droits Humains sur la situation dans les camps de réfugiés.

"3.Sorcellerie
Parallèlement, les mères et pères de famille occupant les camps se plaignent de l'absence du courant électrique, ce qui favorise le phénomène de la sorcellerie. Il est rapporté que le soir, des enfants en bas âge ont du mal à dormir alors que d'autres tombent malades. De plus, des animaux tels que des chiens, des poules, des cochons, des couleuvres, rodant autour des camps, attaquent au cours de la nuit, les nouveau-nés, les femmes enceintes, les enfants en bas âge. Si certaines personnes en âge avancé, persécutées par la population, sont arrêtées pour sorcellerie et conduites dans les commissariats, d'autres sont purement et simplement lynchées par la population. Au moins deux (2) cas de lynchage respectivement à Carrefour et à Delmas ont été rapportés au RNDDH.
"

Bien d'autres éléments sont impactés par l'absence de couverture électrique: sécurité, accès nocturnes aux toilettes, recharge de téléphone, accès aux loisirs (télé, radio...)

Voici donc un petit document de plaidoyer que j'ai préparé.

NOTE POUR LA PRISE EN COMPTE DE L'ENERGIE SOLAIRE DANS LES PROJETS D'APPUI A LA POPULATION DE PORT AU PRINCE



Au lendemain du séisme du 12 janvier, l'électricité a été intégralement coupée sur la métropole Port-au-princienne, le lent retour à la normale prendra plusieurs mois, et la couverture électrique ne sera pas supérieure à ce qu'elle était avant le 12 janvier.

Par ailleurs, les nombreux camps de réfugiés ne disposent d'aucune forme d'éclairage public.

Enfin de nombreux petits commerçants et commerçantes ont perdu leur fond de commerce et sont dans l'incapacité de recapitaliser.


La présente note vise à proposer des pistes s'appuyant sur l'énergie solaire afin de générer des revenus pour les personnes les plus vulnérables et particulièrement les femmes à court et moyen terme; apporter des options en vue d'une amélioration durable de la couverture énergétique sur l'agglomération de la capitale.


  1. Activités génératrices de revenus:


Ces activités visent à répondre à des besoins temporaires liés à la pénurie énergétique sur la zone, le dispositif mis en place doit tenir compte de cette dimension en prévoyant:

  • soit une possibilité de réaffectation des dispositifs sur d'autres zones non couvertes par le réseau EDH.

  • Soit des possibilités de reconversion des dispositifs (injection dans le réseau, activités de restauration etc...)

Cependant au vu des besoins énergétiques qui prévalaient avant le séisme il apparaît que ces dispositifs pourraient connaître une durée de vie en l'état largement supérieure au rétablissement du réseau.


    1. Centrales de charge de téléphone


Suite à la coupure générale d'électricité, la recharge de téléphone est devenu un véritable casse-tête pour la population, profitant de leurs situation de monopoles, les quelques heureux possesseurs de micro-génératrices ont développés de lucratifs business montant les coûts de recharge jusqu'à 20 HTG par téléphone.


Des petits dispositifs d'une capacité de 150 WC pourraient être mis à disposition des commerçantes moyennant le paiement d'une redevance (cette activité est particulièrement intéressante pour les femmes ayant des enfants en bas âge qui ne peuvent se déplacer). Permettant la recharge de 30 à 40 téléphone/jour et la possibilité pour le bénéficiaire de disposer d'un point lumineux le soir, il peut permettre de dégager un revenu brut de 300 HTG/jour moyennant un prix de recharge à 10 HTG et 150 HTG/jour moyennant un prix de recharge à 5 HTG.

Cette activité étant compatible avec des activités d'achat revente, elle peut permettre aux commerçants de recapitaliser progressivement en reconstituant leurs stock à partir des recettes générées


    1. Vente et recharge de lampes rechargeables.


L'absence de points lumineux dans les maisons et les campements constituent pour les familles un facteur majeur d'inconfort et contribue à un sentiment d'insécurité pour les populations.

La mise en place d'un programme de vente de lampes rechargeables (technologie LED ou Néon) à prix subventionnés permettrait aux foyers de s'équiper d'une source lumineuse nomade à moindre coût.

Des centrales de recharge d'une capacité d'environ 300 WC permettrait de desservir 90 foyers en créant des emplois pérennes. Le coût de recharge pour les familles seraient d'environ 100 HTG/mois soit un coût considérablement plus faible que celui de l'achat de piles pour des lampes de poche pour un confort incomparable.


    1. Points de divertissements


Cette activité déjà expérimentée avec succès dans le Nord-Est peut être complémentaire des deux activités sus-mentionnées, elle consiste en l'intégration au dispositif d'une télévision et d'un lecteur de DVD permettant d'organiser des séances payantes de projection de films.


  1. Eclairage public et amélioration de la couverture énergétique régionale.


    1. Éclairage public


Il s'agit d'un point crucial pour la diminution de l'insécurité, et l'augmentation du sentiment de bien être particulièrement dans les camps de réfugiés. Il est à noter que les lampadaires solaires existants sur l'agglomération ont remarquablement résisté au séisme du 12 janvier notamment sur la commune de Tabarre.


L'implantation de lampadaires solaires dans les camps et les quartiers à forte concentration de population apparaît comme une nécessité. Compte tenu des fortes concentration de population, il paraît pertinent de procéder à une centralisation du générateur solaire et un réseautage en 48 v CC permettant l'implantation à moindre coût de plusieurs sources lumineuses.


Le grand intérêt de ce dispositif réside dans sa modularité, son autonomie et la possibilité d'une réimplantation sur un autre site suite au relogement des personnes vivants dans des camps temporaires.

Ces installations devront être intégrées aux patrimoines communaux.


    1. Amélioration de la couverture énergétique régionale.


Dans la perspective du relogement durable des rescapés, et à plus large échelle d'une amélioration de la couverture énergétique, il paraît pertinent d'étudier la possibilité d'intégrer des générateurs solaires sur les toitures orientées au sud des maisons.


Cette démarche nécessite la signature d'un accord de partenariat avec l'EDH. En effet il s'agirait d'un système de compteurs à entrée/sortie, le client s'engageant à payer le surplus consommés et le fournisseur le surplus produit.

En intégrant aux toitures des générateurs d'une capacité comprise entre 0,5 et 2 Kwc, on vise un triple objectif:

  • Assurer l'indépendance énergétique des logements construits.

  • Contribuer à un dispositif d'éducation citoyenne en matière d'économie d'énergie (le revenu généré étant directement fonction de la quantité consommée)

  • Générer un revenu pour les foyers contribuant à l'amortissement et l'entretien des constructions.


Ces installations en panneaux solaires amorphes, d'une surface allant de 10 à 40 m2 seraient directement intégrées à la toiture garantissant ainsi leur sécurité contre les vols.

La consommation moyenne des foyers haïtiens étant généralement inférieure à 1 Kwh/j on dégagerait un surplus de production journalier compris entre 1 et 4 Kwh/j.


mardi 2 mars 2010

Le secondaire et l'enseignement supérieur

Au fur et à mesure que le programme d'appui aux déplacés du Nord Ouest se met en place nous prenons conscience de l'ampleur de la tâche et d'une problématique particulièrement cruciale: la rescolarisation des élèves du secondaire et des étudiants qui forment le gros du bataillon des réfugiés.
En effet la rescolarisation dans le primaire se déroule sans grandes difficultés: les effectifs ont été accrus d'environ 7% ce que les écoles peuvent absorber sans avoir recours à des doubles vacations.
Mais le lycée du môle saint nicolas qui compte en temps normal 430 élèves se retrouve avec 125 de plus ce qui devient difficilement gérable. En 7ème année (équivalent de la sixième) il sont plus de cent dans une classe.
A Jean Rabel ils ont carrément ouvert un collège/lycée l'après midi pour les déplacés, mais ils ne savent pas avec quels moyens ils vont fonctionner d'ici à la fin de l'année scolaire.
A Bombardopolis, il n'y avait déja pas de première ni de terminale.
Grâce au financement de la fondation de france et aux dons récoltés, nous avons la possibilité d'appuyer ses écoles, mais pas forcément la capacité à prendre en charge la totalité du surcoût. Par ailleurs il n'est pas évident de trouver les compétences nécessaires.
Pour les étudiants en revanche, il paraît d'ores et déjà certain qu'ils auront perdu leur année académique. Nous réfléchissons à des actions d'accompagnement pour lutter contre l'oisiveté.
Au dela se pose le problème de la pérennisation du dispositif. Si l'on veut éviter comme l'a dit le président Préval de refaire la république de Port Au Prince, il faut doter toutes les communes d'un enseignement secondaire digne de ce nom et les chefs lieux de département d'un enseignement universitaire. Le problème c'est que la plupart des chefs lieux de département sont des villes à fort risque d'inondation (Les Cayes, Le Cap, Gonaïves, Port de Paix) et déja fortement bidonvillisées.
Finalement seul la ville de Hinche sort un peu du lot dans ce sens du fait de sa petite taille et de sa situation privilégiée sur le plateau central. Il y a surement une réflexion à mener pour un rééquilibrage économique au profit de cette zone.

lundi 1 mars 2010

Perfusion...

En médecine (domaine où je n'y connais strictement rien donc j'extrapole) ont peut perfuser:
  • Avec un bon vieux placebo, ça sert à rien mais ça rassure sinon le patient du moins sa famille.
  • Avec un médicament ou du glucose pour remettre le malade d'applomb.
  • En demandant son avis au patient...
Les HIMO (travaux à haute intensité de main d'oeuvre) en Haïti aujourd'hui ça ressemble beaucoup à la première option.
Tout le monde s'accorde plus ou moins sur la nécessité de placer le pays sous perfusion pendant quelques temps pour permettre une relance économique.
Mais quand on voit ce qui se passe actuellement sur Port Au Prince et dans pas mal de coin du pays on peut douter sérieusement de l'utilité des actions mises en place.
Des armées de gens équipé d'un balai s'obstinent à "nettoyer consciencieusement les rues à raison de trois balayeurs par mètres carrés, ailleurs ce sont des HIMO de réhabilitation de piste où des escouades font du reprofilage routier à l'aide d'une machette (ben oui le bailleur de fonds paye les ouvriers mais pas les outils...)
Dans ces conditions la majorité des gens refusent de se plier à ce genre de mascarade (on peut être pauvre et rester digne)
Tant mieux pour les gens qui vont pouvoir toucher le salaire minimum pendant quelques jours, mais une fois le programme terminé que restera t'il?
Alors ne systématisons pas certains s'efforcent de faire des choses intelligentes et il faut leur rendre hommage, mais il faut bien dire que ça part dans tous les sens.
ans le bas nord ouest en concertation avec les mairies, on va essayer de mettre plusieurs projets sur pied:
  • Sur Bombardopolis: le PDLB disposait déja d'un budget de 6 M de gourdes pour la réhabilitation des axes principaux, en mettant en place une activité HIMO d'un montant équivalent cela permettra de donner du travail à un maximum de gens tout en complêtant le budget avec le matériel lourd (tractopelle, rouleau, camion) indispensable et en achetant du ciment et autres matériaux nécessaires.
  • Sur Jean Rabel, on accompagnera le plan d'aménagement de la ville de Jean Rabel en réalisant des travaux d'aménagement des ravines surplombant la ville.
  • Enfin nous réfléchissons à l'accompagnement des travaux de semis pour permettre aux paysans d'acheter les semences nécessaires à l'emblavement des parcelles (semences dont les stock ont sigulièrement fondus avec l'arrivée de 2 à 3 réfugiés par famille)
Par ailleurs il faut sèrieusement réfléchir à la mise en place d'un programme d'accompagnement des petites et moyennes entreprises. Sur Port Au Prince, il y a un business énorme à développer ses jours ci autour des lampes rechargeables et de la recharge de téléphone par exemple (business qui permet notamment aux femmes ayant es enfants en bas âges de rester chez elles)

vendredi 12 février 2010

Opinions

Voici celles de deux amies qui travaillent de longue date en Haïti, un malheur ne venant jamais seul (on a déja eu Arno Klarsfeld, voila donc machin qui débarque...)

"Oui tout cela est bien triste encore plus quand on voit ce qui se passe ici depuis un mois, tout le monde au chevet d'Ayti, experts de tous bord !!! de tous les pays, chacun faisant son étude, ayant sa solution et préparant un avenir sans les haitiens !! Bref, tout est à recommencer , en sachant que la mise sous tutelle est proche !!
Aujourd 'hui, les habitants avec et sans toit de Port-au-prince sont dans la rue, chantent, prient !!! se défoulent aussi, avec leur dignité extraordinaire !

Le fou arrive mardi, premier président francais depuis 1804 !!! Oh secours, je pleure de rage !"

" Car je ne pense pas que le gouvernement ou meme les haitiens seuls ne peuvent ni proposer un plan de reconstruction ni gerer les pluies de millions de dollars qui devraient tomber.
De plus, quand j'entends Cecile et les autres "ONG" du cote de l'aide internationale (au sens large) c'est vraiment pas brillant, bien souvent totalement decale et vecteur de destabilisation de la societe haitienne.
Quant aux pays amis d'Haiti (pour ne pas dire la France), ben on se sait pas trop, mais ils semblent qu'effectivement personne ne veuille prendre le lead.
Bref.... quelque soit l'angle de vision, la reconstruction reste tres virtuelle et trouble pour le moment.

L'aide a outrance detruit l'economie locale. Les distributions alimentaires, outre le fait qu'elles soient super mal organisees, localisees, etc... n'ont a notre avis plus raison d'etre apres un mois, car on trouve a peu pres de tout, mais les marchandes ne vendent pas (puisque tout est gratuit). Donc ces marchandes fieres et travailleuses sont ou seront elles aussi contraintes de mendier l'aide aux peuples amis. Meme constat pour l'industrie pharmaceutique locale qui a beaucoup contribue au debut et qu'on ecarte totalement aujourd'hui... Meme constat pour la majorite du secteur prive et informel qui, apres le drame, se prend plusieurs "side effects"...
Or de quoi ont besoins les gens? D'argent, de travailler pour pouvoir se reconstruire et esperer un quelque chose pour demain et non pas de dependre de la distribution du jour.
On avait deja une mauvaise habitude, attitude d'assistés mais la.... c'est comme si on confortait les bases pour que ce pays reste encore plus scelle dans l'assistanat et dependance du bon vouloir de l'international.

Que l'international se concentre sur la construction de logements semi-provisoires pour retirer ces gens dans les rues, les places publiques, pour qu'ils aient acces a un minimum de confort et de service et pour que la ville retrouve un semblant de quelque chose "d'autre". Les Haitiens feront le reste, ils se releveront, ils l'ont deja montre, mais ils doivent avoir un toit pour pouvoir penser a autre chose que la nuit a passer dans ces trucs immondes et a "barrer" la pluie...
Car tout ce monde dans les rues... ca ne peut pas durer.
D'autres phenomenes se developpent, comme les distributions ne se font quasi exclusivement que dans les camps, beaucoup, meme s'ils ne sont pas ou peu sinistres, decident de s'installer dans les camps. Certains louent meme leur kay pour vivre dans les camps!
Toute construction est censee etre interdite, on me dit qu'on recommence a construire avec un peu plus de fer et de beton peut etre, mais toujours trop fragile et anarchique. Il nous faut un vrai plan d'urbanisme.

Moi j'etais plutot contente d'entendre parler d'un plan "a la" Marshall pour Haiti, le plan que tu decris me parait bcp moins attrayant.
Haiti, que ce soit gouvernement, societe civile, religieux, prives, whatever...) doit etre un des acteurs principaux de la reconstruction, mais il nous faut des ressources professionnelles et un controle serre des choix et de la gestion, car la corruption et la mediocrite restent bien ancrees dans cette societe.
Quanr au charlots de Naboleon (connaissait pas ce sobriquet, j'aime:-) ne pourront, au mieux, rien pour Haiti."

lundi 8 février 2010

Haïti-Séisme : La tectonique de la misère

L'article de christophe Wargny auteur de "Haïti n'existe pas" paru sur le site d'Alter-presse

samedi 6 février 2010

La situation à vallue

tiré du site de l'Association des Paysans de Vallue (APV), quelques morts et beaucoup de dégats.
Le document est à lire ici
Dans les 15 maisons sur 17 endommagées à Ti Place il y a la mienne...

mardi 2 février 2010

analyse intéressante

Sur le site de radio Kiskeya


Quand comprendrons-nous enfin ?

De Montréal, notre ancien collaborateur Arold Isaac Sr. s’exprime sur les causes profondes du drame haïtien


L’heure du bilan

Le sort qui semble s’acharner sur Haïti vient de frapper avec une fureur rarement observée. L’horreur est à son comble. Toutefois, si le cataclysme a porté le coup de grâce, il nous a surpris en pleine agonie, nous avions déjà touché le fond. Quand la terre s’est dérobée sous nos pas le 12 janvier 2010, notre délabrement s’est révélé un facteur extrêmement aggravant. Ironie du sort, aujourd’hui que Haïti est frappée à la tête, aucune des régions épargnées par le séisme n’est en mesure de lui porter secours. Quand il faudra reconstruire, l’arrière-pays sera-t-il encore une fois laissé pour compte ? À l’heure du bilan, quand il faudra panser nos plaies, nous devrons affronter nos démons et mettre les vraies cartes sur la table. C’est maintenant ou jamais.

Tout au long de nos deux cents ans d’existence, nous avions toujours eu des problèmes sociaux, politiques, économiques et diplomatiques. C’est le lot des pays pauvres et nous étions encore un pays… pauvre. Mais rien de tout cela n’est comparable à ce que nous avons connu ces dernières années. En effet, notre véritable déchéance a commencé il y a quarante ans à peine. Comment en sommes nous arrivés là ?

Un problème inédit

Ce que nous vivons depuis un demi-siècle est inédit dans l’histoire d’Haïti et n’a aucune commune mesure avec ses péripéties antérieures. Car, notre vrai drame en est un d’économie et de finance avant tout. Alors, de grâce, n’invoquez surtout pas l’histoire, la géographie ou les superstitions. Au milieu des années 60, il s’est produit une cassure dans la trame historique : la naissance d’une nouvelle structure économique parasitaire était née et, avec elle, la gangrène. Rien n’allait plus être comme avant. Le phénomène a connu une croissance fulgurante dans les années 70, pour atteindre son apogée dans les années 80.

Le changement était insidieux mais radical. Pour ceux qui le peuvent, faites l’effort, remontez dans vos souvenirs. Regardez le début des années 70, puis la fin des années 90. Voyez-vous la dégradation des écoles, des hôpitaux, de l’électricité, de l’eau potable, des denrées agricoles ? Voyez-vous la croissance fulgurante, de la banlieue anarchique, des « borlettes* », du « riz importé », des « écoles de complaisance ». En une vingtaine d’année, le peu qui faisait encore de nous un « pays » avait disparu. En guise d’explication, certains parleront de « malchance » ; d’autres, peu recommandables, inventeront un pacte satanique. Quand nous ne savons plus quoi dire et encore moins quoi faire, le rationnelle cède le pas aux élucubrations loufoques, mystiques et racistes. Pensez-vous vraiment que soudainement, après deux cents ans, l’histoire, la géographie ou la cérémonie du Bois Caïman auraient décidé de nous réclamer leur dû ? Non, la vraie cause de cette déchéance est cette nouvelle structure économique parasitaire. C’est une gangrène qui a bouffé tout sur son passage. Elle a littéralement phagocyté tout ce qui pouvait s’apparenter à une véritable économie. Avant, nous étions un pays… pauvre. Depuis, n’en déplaise à notre ego démesuré, nous ne sommes plus qu’une gigantesque « cour des miracles », c’est-à-dire une vaste zone de non-droit ou les escrocs et l’anarchie règnent en maîtres.

Ce n’est pas notre superstructure politique qui ruine l’économie, c’est notre structure économique qui mine la politique.

Une économie sans moteur

Notre structure socio-économique est comme un camion sans moteur. Poussez-la, elle avance un peu ; lâchez-la elle recule.

· Elle n’a pas besoin d’un système fiscal fonctionnel. Le gouvernement compte officiellement sur l’aide économique internationale pour sa viabilité budgétaire (World Factbook, CIA)

· Elle n’a pas davantage besoin d’une éducation de masse efficiente. : deux haïtiens éduqués sur trois vivent à l’étranger (OCDE 2006) et le système d’éducation est une coquille vide.

· Paradoxe ultime, elle n’a même pas besoin de créer de l’emploi pour fonctionner : plus des deux tiers de la population active n’ont pas d’emploi formel (World Factbook, CIA).

Le système est grabataire et ne produit pas. Il est maintenu en vie artificiellement et s’alimente par intraveineuse. Quand comprendrons-nous que nous faisons fausse route sur la question haïtienne ?

Les observateurs et les bailleurs de fonds se perdent en conjectures pour expliquer leurs échecs à répétition face à l’agonie de plus tragique de ce malade qui refuse de mourir. Malgré tous les partenaires engagés, les efforts consentis, les centaines de millions englouties, le mal haïtien s’amplifie de manière exponentielle. Rien ne semble vouloir arrêter sa progression.

Un expert du Trésor américain (J.B. Taylor, 2003), témoignant devant la Commission des affaires étrangères du Sénat, a déclaré un jour, c’est moi qui traduis : « Des années de mauvaise gestion économique, l’instabilité politique et la faiblesse de l’état de droit (rule of law) ont causé cette tragédie ». La tragédie dont il fait état est un bilan, le constat désastreux de plusieurs années d’assistance financière et technique à Haïti.

Les préjugés ont la vie dure

Etonnement, il n’a pas l’air de douter un seul instant de la cause du la « tragédie ». Pourquoi les remèdes appliquées jusqu’ici sont toujours pires que le mal ? Selon notre expert, il ne faut chercher trop loin, c’est le climat politique qui entrave l’aide étrangère. Comme quoi, il est vraiment commode d’être juge et parti.

Ce sont des propos d’un officiel américain, mais nous savons, vous et moi, qu’ils auraient pu venir d’un canadien, d’un allemand, d’un haïtien ou de n’importe qui d’autre. La vérité qu’il décrit est indéniablement tragique. Mais la vraie tragédie, ce n’est pas le constat, qu’il a fait, c’est la conclusion qu’il en a tirée : l’environnement politique cause le problème et bloque la solution. Cela est généralement admis même dans les milieux les mieux intentionnés.

Cette conclusion a au moins le mérite de s’écarter des billevesées et des fadaises des tenants du surnaturel. Cependant, cette explication est commode seulement pour qui veut s’en laver les mains. Car, comme beaucoup d’entre nous, il a pris manifestement l’effet pour la cause et la cause pour l’effet. Or, ce n’est pas l’ordre naturel des choses. Si la politique est la toiture d’une maison, l’économie en est la fondation. Dire que la fondation n’est pas terminée par ce que la toiture est mauvaise relève du délire purement et simplement.

Que voulez-vous, les préjugés ont la vie dure. Ce prisme déformant a toujours guidé et guide encore toutes les formes d’assistance à Haïti. Comment pouvons-nous être aussi désespérément aveugles, aussi acharnés dans l’erreur ? Combien nous faudra-t-il d’échecs, pour comprendre ? Pouvons-nous au moins regarder le problème sous un angle différent ?

L’analogie de l’eau.

Avant de voir la mécanique de cette machine infernale faisons une analogie entre le cycle de l’eau et ce qui s’appelle en économie, les mouvements de capitaux.

La pluie qui tombe sur une montagne boisée et verdoyante, pénètre le sol, alimente les nappes et les cours d’eau qui a leur tour irriguent une vallée fertile et riche. L’eau ainsi traitée est source de vie.

Par contre, la même pluie qui tombe sur la montagne dénudée, reste en surface, dévale la pente, inonde la vallée et l’enterre sous la boue et les alluvions. L’eau ainsi traitée est une calamité.

Dans les deux cas, c’est de l’eau venue du ciel, qu’est ce qui peut changer une source de vie en calamité ? Rien d’autre que la façon de l’absorber, de la digérer et de l’assimiler. Il en est de même des afflux de capitaux dans une économie.

Voyons cela de plus près

Dans les années 60, on se le rappelle, une nouvelle dynamique a émergé dans le contexte de la géopolitique anticommuniste, avec à la clé, la débilitation systématique de la campagne, l’instauration de la « république centralisée de Port-au-Prince » sur fond d’intensification de l’aide internationale. La terreur politique alimentait la fuite des cerveaux, l’appauvrissement général celle des masses laborieuses. À un moment donné, dans les années 70, à part une infime minorité, il n’y avait plus que deux catégories d’haïtiens : ce qui sont partis et ceux qui attendent de partir. Tous les espoirs s’étaient tournés vers l’étranger d’où venait la manne des exilés politiques et économiques. L’exode avait fait boule de neige jusqu’aux « boat people ». La machine s’était emballée. Elle ne s’arrêtera plus.

Conséquence immédiate de cette nouvelle donne, un afflux massif de capitaux frais et libres d’hypothèque, qui atteindra jusqu’à 25% du Produit intérieur brut (J.B. Taylor, 2003). En 2002 les transferts de la diaspora frisaient le milliard de $US, quand au même moment l’aide étrangère plafonnait à 150 millions de $US. En 2006 les transferts ont grimpé à 1,65 milliard $US (Banque interaméricaine de développement, 2007). Imaginez l’impact de ce phénomène sur une si petite économie.

Un cadeau empoisonné

« Only gradually, did it come to be recognized that it was not just the scale of remittances, but also the way in which they are used that is of crucial significance for the economies of the migrants’ home countries ». (Thomas Straubhaar, INTERECONOMICS, March/April 1985)

Au début, tout le monde était soulagé, euphorique, envoûté devant cette manne tombée du ciel pour une population démunie. Qui aurait osé questionner ses effets à long terme. Ce qui était incompris (et l’est encore !) c’est que cette manne tombée du ciel était toxique dans les circonstances. Venant de bailleurs de fonds internationaux et de la diaspora, ce flux croissant et ininterrompu de capitaux, allait pervertir l’économie et engendrer la funeste spirale.

Aussi, ce pouvoir d’achat que la production locale ne pouvait pas absorber, allait-il directement grossir les importations, non seulement de biens manufacturés, mais également de produits agricoles : 500 millions US$ d’exportation en 2008, contre 2 milliards US$ d’importation (World Factbook, CIA). Pire, certaines productions locales qui subsistaient encore tant bien que mal étaient mises à mal du jour au lendemain été balayées par la marée. On n’osait plus porter les articles fabriqués localement devant la vague « made in usa ».

Ce flot de capitaux n’a pas échangé l’artisan tailleur ou l’ébéniste pour l’industriel, il les a anéantis au seul profit de l’importation. Rappelons-nous comment nous sommes devenus importateurs nets de riz. Il a créé un effet démobilisateur instantané : des gosses de la classe moyenne quittent massivement l’école, trois ou quatre ans, en attendant le visa de la délivrance, pour « New York » ; ceux qui n’osent pas décrocher, trouvent refuge dans les écoles de complaisance pour leurrer leurs parents absents.

De toute façon, à quoi bon décrocher un diplôme dans une économie qui n’en a cure, quand La Floride est si proche.

Tout semble concourir dans un seul but : noyer l’industrie locale et à renforcer cette dépendance passive. Les efforts d’industrialisation par la sous-traitance amènent aussi des devises sans produire pour le marché local. Ce qui ajoute aussi au problème. Enfin, le trafic de drogue a cloué le dernier clou du cercueil.

Attaquer le mal par la racine

Attention ! Il ne s’agit pas de supprimer, ni même de réduire les transferts d’argent ou l’aide étrangère. Rappelez-vous l’analogie de l’eau. Il faut comprendre le problème pour le transformer et en faire un atout. Il faut changer le processus d’assimilation de ces capitaux pour changer cette calamité en source de vie. Toute velléité qui ignore cette donnée unique et capitale est vouée à l’échec, et pour cause.

Il fut un temps où nous disions : « TOUT sauf Duvalier !, Si la politique, ou une forme de gouvernement étaient la cause de cette dégringolade, la fin de la dictature aurait mené à une amélioration ou, au moins, l’aurait arrêtée. En lieu et place, ce fut le bal des généraux avec une accélération de la descente aux enfers. Pour conjurer le sort, nous avions crié, « TOUT sauf l’Armée ! ». Mais voilà, celle-ci démembrée, notre chute loin de ralentir devint vertigineuse. De guerre lasse, nous avons psalmodié « TOUT sauf Aristide ! ». Qu’à cela ne tienne, la « cavalcade vers l’enfer » devint « débandade en enfer » : nous avions touché le fond ! Du moins le croyions-nous jusqu’au coup de grâce du 12 janvier 2010 qui nous a montré qu’il y a pire que l’enfer. Tout comme l’hydre de la mythologie, chaque tête coupée repousse en double, la bête continue d’exhaler son haleine fétide et meurtrière. Nous, nous poursuivons dans la même voie, échec après échec, convaincus que la solution passe d’abord et avant tout par une réforme de la superstructure politique et un assainissement des mœurs.

Est-il possible d’imaginer simplement que nous ne somme peut-être pas sur la bonne voie ?

Un moteur pour l’économie

La solution passera inévitablement par l’émergence d’une classe de producteurs agricoles et industriels, dont les intérêts coïncideront avec ceux de la collectivité. Il faut des produits agricoles, industriels, artisanales, culturels de facture locale pour la consommation locale, de façon à transformer la manne en richesse durable. Pour y arriver, Il faudra inciter, faciliter et soutenir la création d’une masse critique de producteurs locaux de toutes les tailles, dans tous les domaines et dans toutes les régions. Il faudra courtiser non seulement les étrangers mais aussi les haïtiens. Certes, nous n’avons pas une solide culture entrepreneuriale, qu’à cela ne tienne ! Combien d’haïtiens sont allés engloutir leurs économies accumulées durement à l’étranger dans la construction d’une maison en Haïti que souvent ils ne peuvent pas habiter. Il faudra les encourager à investir dans la production agricole ou industrielle.

C’est quand même ironique, l’élément le plus difficile à obtenir pour stimuler l’entreprenariat ce sont le capital de risque et le crédit. Or, c’est justement ce que cette manne pourrait nous offrir sur un plateau d’argent, année après année. Un pays où tout est à faire, est un « paradis » pour les hommes d’affaires, mais aussi malheureusement pour les affairistes et les chevaliers d’industrie. Donc, il faudra accompagner leurs premiers balbutiements, les encadrer, les éduquer le cas échéant et surtout les protéger à la fois contre eux-mêmes et contre les agents hostiles et rétrogrades défenseurs acharnées du statu quo. Cette solution ne s’implantera pas sans heurt. Car le système actuel, tel quel, est une entreprise très lucrative pour la flibuste et les « profiteurs de guerres ». Ceux-ci n’assisteront pas passivement au démantèlement de leur chasse gardée. Il faudra convaincre les moins hostiles qu’il y a des façons de faire fortune autrement que par la corruption, le monopole et les rapines. Pour le reste, il ne faudra pas se laisser démonter.

C’est ça le moteur du changement qui brisera le cercle vicieux et enclenchera le cercle vertueux. Cette nouvelle force nationale apprendra à payer pour ses routes, ses ponts, sa main-d’œuvre qualifiée, ses écoles, son cadre juridique, ses crédits bancaires, simplement parce qu’elle en aura besoin, parce que cela lui sera indispensable. Alors, la superstructure politique et juridique jouera son rôle de facilitateur et de régulateur. Ce n’est qu’après avoir démarrer ce train que nous parlerons de réformer les mœurs sociales et politiques.

Arold Isaac Senior

Montréal, 18 janvier 2010

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NDLR : Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et n’engagent pas Radio Kiskeya ni son équipe.

Bio : Grand Reporter et Rédacteur en chef de Radio Haïti Inter jusqu’en 1980. Arold Isaac Sr. a eu l’occasion de parcourir Haïti d’un bout à l’autre et de voir le peuple à l’oeuvre. Exilé du pays, il a refait sa vie au Canada. Après des études universitaires en sciences, il mène une carrière d’industriel depuis 25 ans au Québec.

Paradoxe

"Le Gouvernement haïtien espère lui aussi transformer cette tragédie en une opportunité en parvenant, notamment, à décentraliser les activités du pays à moyen et long termes en créant des emplois et des opportunités en matière d'agriculture aux personnes déplacées pour les encourager à rester dans les provinces du pays où elles se sont installées", a expliqué Edmond Mullet. (Représentant spécial par intérim du Secrétaire général pour Haïti) sur le site de radio métropole.

Bien, bonne nouvelle, mais...

Dans le même temps l'UNICEF a annoncé l'arrêt de l'intégralité de ses programmes en dehors de Port Au Prince pour cause de réaffectation budgétaire.
Le programme assainissement ID/ADEMA est ainsi arrêté brutalement ainsi que bien d'autres (éducation, santé...) à travers le pays.

Souhaitons que ça ne dure pas.

samedi 30 janvier 2010

Hommage à Haïti

Sa musique, ses écrivains, son peuple, par M. K. qui vient juste d'être rapatrié pour 15 jours de repos avant de repartir.

"Tout reste a faire en Haiti bien sur. Les soins d'Urgence vont encore durer des semaines et la reconstruction....des années probablement.

La folie médiatique va bientot quitter Haiti et ce petit pays va probablement retomber dans l'oubli..jusqu'à la prochaine catastrophe. Alors je voudrai moi aussi rendre hommage a ces habitants, a leur joie de vivre, a leur force et leur courage. Ces 2 dernières semaines, leur solidarité et leurs visages souriants ont été une leçon de vie.

Et si vous aussi, vous souhaitez en savoir plus sur Haiti, sur tous les trésors que ce pays recèle je vous invite bien sur a lire les nombreux auteurs Haïtiens : Frankétienne , Lyonel Trouillot, Gary Victor, Rene Depestre, Dany Lafferiere...

Et bien sur la musique dans des styles differents : Beethova Obas, Belo, Orchestre Tropicana d'Haiti, Carimi, Wyclef Jean....
B
eaucoup de titres dispo sur Deezer :
http://www.deezer.com/fr/#music/fabrice-rouzier-eric-charles/haiti-twoubadou-volume-1-133555 (notamment titre 5)
http://www.deezer.com/fr/#music/various/musiques-paysannes-d-haiti-42391
http://www.deezer.com/fr/#music/belo/lakou-trankil-211215
(notamment titre 5)
http://www.deezer.com/fr/#music/armstrong-jeune/orchestre-tropicana-d-haiti-40-eme-anniversaire-volume-1-133561
(notamment titre 2)
http://www.deezer.com/fr/#music/t-vice/live-au-zenith-haiti-usa-more-42190 (notamment titre 5)
http://www.deezer.com/fr/#music/various/les-titres-essentiels-haiti-42861 (notamment
titre 1 cd1, titre 6 et 13 cd2)
http://www.deezer.com/fr/#music/various/100-haitian-music-ayiti-essentials-96624 (notamment titre 1)
tout cela a écouter bien sur tranquillement assis chez soi ou bien mieux : en dansant a 2 ! Ca
s'apprivoise et se deguste ... ;-)"

ISPAN

L'Institut de Sauvegarde du patrimoine naturel publie son 9ème bulletin.
Celui ci est consacré aux conséquences du séisme sur le patrimoine historique de Port Au Prince.
A consulter ici
Un très bel extrait de la note de presse qui l'accompagne:
"Depuis le 12 janvier, où tout a basculé, nous avons
besoin, par-dessus tout et plus que jamais, de retrouver
nos repères et nos symboles, replacer les jalons culturels
qui définissent le cheminement qui relie le passé à l’avenir.
Dans les décisions qui devront bientôt être prises pour
rééquiper le pays de structures adéquates pour son fonctionnement,
sa gestion et son développement, l’ISPAN
souhaite que les décideurs politiques, les élus, les leaders
spirituels, économiques et sociaux sauront éviter le piège
de prioriser uniquement la fonction en laissant de côté
l’essence qui nous définit. Notre manque de mémoire
collective est grandement responsable de nos malheurs
d’aujourd’hui.
Dans l’action et dans la gestion des urgences, nous
devrons nous rappeler qu’en tant que peuple nous avons
un devoir de mémoire et que surtout “notre Histoire est
notre force”."

dimanche 24 janvier 2010

contribution 5

Réponse à ma question qu'est ce que le contreventement:

"Le contreventement est comme son nom l'indique ce qui résiste contre le vent (ou le séisme), c'est à dire les efforts horizontaux.
Verticalement il peut être assuré par des diagonales, des croix de st andré, des voiles en béton armé ou des portiques en acier ou béton.
Il est assuré dans les constructions en bois soit par des diagonales soit par des "panneaux travaillant", généralement panneaux OSB ou autre panneaux de particules de bois.
Pour les constructions en maçonnerie les panneaux de parpaings forment des voiles avec des chainages périphériques en béton armé ancrés dans les dalles et les fondations.
Horizontalement, le contreventement est assuré par les plancher et la toiture qui doivent être rigide (dalle béton armé ou panneaux OSB ou diagonales)."

En réponse une question:

"il y a quoi comme matériau de construction à Haïti?"


Et deux documents:
un doc de formation sur les constructions parasismiques

et une fiche chantier

samedi 23 janvier 2010

Les enjeux de la reconstruction

Très belle analyse sur le blog de jean françois labadie avec le charme de la langue québecoise.
"Imaginez une minute que vous deviez rénover votre maison et qu’en 2 jours, une bonne quinzaine d’entrepreneurs débarquent avec ouvriers et équipements. Tout en même temps bien évidement. Pas de contrat - ils ont décidé qu’ils n’en avaient pas besoin pour vous aider - et surtout pas de plan. Des électriciens, charpentiers, plombiers, … Pour compliquer les affaires, ces entrepreneurs ne parlent pas votre langue. J’ai participé hier en fin de journée au genre de meeting auquel vous auriez eu droit dans votre jardin. Une centaine de personnes dans une grande tente dans les quartiers des Nations Unies aux abords de l’aéroport. La chaleur ne voulait pas nous foutre patience (il fait encore 32 !) et la rencontre est ponctuée de pauses 'silence' au 3 minutes, des avions collent et décollent (à moins que ce ne soit atterrissent et désatérissent !). Il y a des gens de partout venu aider, tout le monde a sa spécialité, ses équipements, son hôpital, son secteur de la ville ou du pays. Les gens des nations Nations Unies tentent de coordonner l’incoordonable (j’ai décidé qu’en temps de crise, on a le droit d’inventer des mots !). Des organisations non gouvernementales (ONG), des gouvernements, des armées, des organisations religieuses, tout ce beau monde bien intentionné et compétent courent au plus urgent. Dans la pagaille et même dans le conflit. Coopération internationale peut aussi vouloir dire compétition internationale… L’acteur clé, présent mais impuissant, est l’État haïtien. Celui qui pourrait diriger cet orchestre improvisé, qui aurait un portrait détaillé du problème et des zones les plus touchées, qui pourrait définir ses besoins et son plan pour l’actuel et la suite. Il n’a ni les moyens ni les compétences pour diriger ces musiciens et c’est à mon avis le prochain grand défi de la communauté internationale. Les lui donner."

mardi 19 janvier 2010

contribution 4

"pour info aller voir ce qu'ont fait les Architectes de l'urgence en Afghanistan après le séisme en 2002:

http://www.archi-urgent.com/index.php?option=com_content&task=view&id=63&Itemid=101

construction sismique, pas chère et avec très peu de bois ...

premier bémol la terre à disposition doit être un peu argileuse...
pour le savoir : soit la construction en brique de terre crue est traditionnelle dans la région?
sinon prendre une boulette de terre en faire un boudin avec les mains: si ça s'effrite c'est pas bon! cf. technique décrite dans tous les manuels de jardinage!

deuxième bémol les construction pour Nahrin répondent à des contraintes climatiques différentes: hiver vigoureux / été chauds
le système est transposable à Haiti à condition de supprimer la toiture plate prévue et remplacer par un toit "parapluie" au dessus + ventilé!

ça fait déjà une piste.... qui ne nécessite pas bcp de moyen ni d'argent, mais des bras... :)
bref on en reparle!"

Ces 4 premières contributions proviennent d'Estella Cassignac et Mathieu Blanc.
Merci à eux deux et dans l'attente de contributions complémentaires des lecteurs de ce blog.
Ultérieurement je tacherai de faire des compilations, des rubriques etc...