lundi 9 novembre 2009

Le projet recapitalisation caprine

Tout d'abord quelques petits rappels et informations pour mieux comprendre le projet de recapitalisation caprine:

  • La zone côtière n'est qu'une petite partie du territoire communal, l'essentiel de la commune est constitué d'un plateau calcaire autour de 500 m d'altitudes soumis à un régime pluviométrique cahotique donc assez impropres à l'agriculture.
  • Toutes ces activités s'inscrivent dans le cadre du Programme de Développement Local de Bombardopolis qui travaille en appui à la Mairie.
  • L'élevage caprin est la principale activité économique avec la production de charbon.
  • Bien mené un projet d'élevage caprin contrairement à une idée très répandue peut contribuer au renforcement du couvert végétal (nous y reviendrons)
  • Dans le Plan de Développement Communal, l'élevage a été identifié comme une des activités économiques à plus fort potentiel de développement.
  • Les cyclones de septembre 2008 ont entrainé la perte de plusieurs centaines de têtes de bétail.
  • La race de caprin créole est extrèmement résistante, mais son potentiel de croissance est assez limité.

En octobre 2008, une mission d'agronomes de l'ITECA (un organisme haïtien qui oeuvre depuis de nombreuses années dans le domaine de la formation) est venue faire un bilan des conséquences des cyclones et a proposé au PDLB un projet de recapitalisation caprine dont les étapes se décomposent comme suit:

Formation des APSA

Quarante APSA (Agents de Production et de Santé Animale) ont été formés entre janvier et Aout 2009. L'une des idées force dans le concept d'APSA est qu'ils ne sont pas de simples agents vétérinaires.
Ils ont été formés avant tout comme des techniciens de production, il est bien évident qu'une chèvre en forme a beaucoup moins de chance d'être malade qu'une chêvre rachitique et anémiée.
Le paradoxe généralement dans beaucoup de projets orientés santé animale est que l'agent vétérinaire n'a aucun intérêt à ce que les animaux soient en santé puisque son revenu est dépendant des maladies!!!



Les boucs:

Ce sont des animaux de race Boer, une race africaine importée depuis plusieurs années en Haïti et qui offre des caractéristiques de rusticité et de croissance tout à fait intéressantes.
Douze animaux 3/4 Boer ont été achetés et distribués à 12 APSA, ceux ci versent une redevance au projet chaque mois et font payer les saillies. Tous les 3 à 6 mois les boucs sont changés de zone pour éviter les risques de consanguinité.
Tous les issus mâles (au moins ceux du projet) seront castrés pour éviter une dilution génétique.












Les femelles:






De race locales, elles sont choisies pour leur qualités phénotypiques (à partir de critères de sélection visuels).
Chaque bénéficiaire reçoit trois chèvres, et bénéficie d'un crédit sur 18 mois (soit deux portées). La plus value génétique apportée par les croisements permet que les issus se vendent près de 50 % plus chers que les parents. Cela permet que le bénéficiaire puisse payer son crédit tout en bénéficiant d'une plus value importante.

Voila la théorie, nous reviendrons ultérieurement avec d'autres informations.
N'hésitez pas à poser toutes les questions qui vous passent par la tête pour m'aider à compléter.

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