mercredi 31 mars 2010

Archi tectonique.vol III

La dalle:

Une micro fissure sous la galerie (on la voit pas très bien sur la photo.)


Une autre un peu plus sérieuse qui "isole" le coin de la galerie mais sans traverser toute l'épaisseur de la dalle.


Un peu embêtant dans la mesure où le poteau qui soutient ce coin de dalle est un peu fissuré:



Les fondations:


3 fissures reliées entre elles par les fissures de la dalle inférieure:

La première côté ouest:



La deuxième côté Nord:


La troisième côté est (à gauche du savon):



Conclusion, la maison est en train de s'ouvrir par le bas.
Embêtant!!!!

Allez pour la route et rappeler l'importance des chainages un hommage à susan et sa magnifique frise celtique:

.
Et pour ne pas faire mentir ma réputation de monomaniaque: des panneaux solaires (l'installation électrique a parfaitement tenue le choc, dommage que la maison ne soit plus habitable!).


Archi tectonique.vol II

Reprenons l'exemple de la maison de Vallue:En entrant on ne risque pas de louper les nombreuses fissures qui zèbrent le sol parfois de part en part. Rappelons que la dalle qui compose le sol n'est pas feraillée.

Les Murs:

Face A: sous la galerie


Face B: Dans la chambre



Donc la si vous avez suivi vous comprenez mieux l'importance du chainage des portes et fenêtres: la quasi totalité des fissures partent des ouvertures pour rejoindre les angles
Démonstration avec le mur d'en face:



Maintenant voyons l'exemple d'un panneau de contreventement plein, mais qui n'a pas de panneau perpendiculaire et pas de contreventement horizontal (c'est la pièce qui est couverte en tôle):



Un petit dernier pour la route des fois que vous n'auriez pas compris l'importance du chainage des ouvertures:

CONCLUSION: Aucun mur n'est intact...

Lobby...

Soit 3 familles: Les V. les B. et les M. qui a eux tout seul représentent pas loin d'1/4 du PIB haïtien.

L'un possède le port et le terminal pétrolier.
L'autre est revendeur de carburant (notamment grâce à un pipe-line qui passe directement sous cité soleil.
Le troisième revend à l'EDH (électricité d'Haïti) le courant qu'il produit par le biais de sa filiale SOGE...

Devinette: Pourquoi le chantier du fameux barrage hydro-électrique Artibonite C4, dont le financement est assuré depuis plusieurs mois par le Brésil (les équipes de construction sont en attente depuis longtemps), n'a pas démarré...

mardi 30 mars 2010

PDNA

Voici un extrait du Plan d'action pondu par une bande d'expert nationaux et internationaux
Intéressons nous à l'électricité.
Comme vous pouvez le constater les 60% de la population qui vivent en dehors des réseaux dans les mornes ne sont pas près d'avoir de la lumière chez eux.
Grace à ce super plan on va augmenter l'effet de vortex autour des 5 ou 6 grandes villes.
Dans les autres on installera des génératrices de 300 KVA.
Un réseau hyper couteux
et ça marchera 6 mois...
Le solaire l'éolien et le micro-hydraulique, ben visiblement ils ne connaissent pas ces mots la.
MERDE. (excusez moi ça m'a échappé, mais je suis un peu énervé)

Plan d’action pour le relèvement et le développement national d’Haïti

4.2.4 L’accès à l’électricité

L’accès à l’électricité constitue une contrainte majeure pour le développement économique et la qualité

de vie des citoyens. Des progrès importants ont été réalisés au cours des quatre dernières années,

principalement pour desservir Port-au-Prince.

À la suite du tremblement de terre du 12 janvier dernier, les capacités de production, de transport et

de distribution d’énergie électrique existantes ont elle-même été fortement diminuées dans les zones

sinistrées, y accroissant un besoin déjà grand. Les travaux de réhabilitation des infrastructures de

production, de transport et de distribution d’énergie électrique ont rapidement été lancés à la suite du

séisme de sorte que plusieurs zones sinistrées ont déjà été réalimentées. La priorité dans le temps est de

remettre en état les centrales affectées et de réparer le réseau de transport et de distribution.

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Au-delà de cette récupération, le développement du pays exige que l’accès à l’électricité soit généralisé

dans les pôles régionaux pour desservir la population croissante et pour répondre aux besoins du

développement économique.

Des investissements conséquents seront nécessaires pour accroître la production d’électricité,

interconnecter le réseau national de transport et améliorer le réseau de distribution dans les chefs-lieux

de département et dans les zones industrielles et touristiques.

La réhabilitation et le développement de la capacité de production devront se faire sur plusieurs fronts.

Parmi les besoins et projets qui sont déjà identifiés, on trouve : la réhabilitation de la centrale de Péligre,

la construction du barrage hydroélectrique Artibonite C-4 et la réhabilitation des centrales de Sault

Mathurin et de Caracol Nord.

Des centrales thermiques devront être construites et mises en opération dans les zones où

l’hydroélectricité n’est pas disponible et aux besoins suscités par les activités économiques notamment

dans les zones franches et les pôles de développement).

L’accroissement de la capacité et de l’efficacité du transport de l’énergie repose principalement sur la

réhabilitation de réseaux existants endommagés durant le séisme et sur le développement d’un réseau

national de transport d’énergie. La réhabilitation du réseau devra accorder la priorité aux zones sinistrées

de la région de Port-au-Prince, de l’axe Léogâne–Petit Goâve et du département du Sud alors que son

développement devra être orienté de manière à favoriser l’alimentation des zones de croissance actuelles

et potentielles du pays. Dans la zone de Port-au-Prince, la construction de la sous-station de Tabare

constitue un équipement incontournable dans la stratégie d’accroissement de la capacité de transport

d’énergie.

La réhabilitation des réseaux de distribution d’énergie électrique situés dans les principales zones

affectées par le séisme doit être poursuivie à court terme. Toutefois, afin de contribuer à la relance de

l’activité économique en région, au développement d’économies régionales et locales et à la création

d’emplois partout sur le territoire, il faudra développer les différents réseaux locaux de distribution

d’énergie électrique pour alimenter des secteurs porteurs et des secteurs où des niveaux de rentabilité de

la clientèle sont favorables et pour satisfaire des besoins de base de la population.

Un effort significatif devra être aussi apporté à la gestion adéquate du réseau de distribution. Le

phénomène des branchements illégaux devra être contenu et réduit à son minimum et la maintenance des

réseaux devra être adéquate afin de réduire les pertes techniques.

L’augmentation de la capacité de production et une certaine amélioration du transport et de la

distribution ont cependant eu des répercutions importantes sur le budget national qui doit prendre

en charge une part importante des coûts du pétrole nécessaire à la production de l’énergie. Il est

impératif de revoir les coûts de production de l’électricité pour l’équilibrer avec la capacité de payer des

consommateurs industriels, commerciaux et touristiques ainsi que pour la consommation individuelle.

Ici aussi, les partenariats publics-privés et le recours à la formule B.O.T. devront être utilisés pour fournir

une part importante des investissements requis.





lundi 29 mars 2010

la maison de vallue



En vue complète il y a un an
Devant la citerne.
Les poutres et les poteaux blancs c'est les allumettes...

samedi 27 mars 2010

parasismique

Trouvé sur youtube

un petit guide intéressant

Archi tectonique.

Parlons franchement de maçonnerie...
Agro-sociologue je n'y connais rien dans le domaine d'où ma tentative d'écrire un article qui aurait pu s'intituler "le parasismique pour les nuls" ou "ce que je crois avoir compris sur la notion de contreventement"
Exemple illustré avec le cas de ma maison de vallue.
Je n'ai pas de photos d'ensemble. Résumé de la construction:

  • 9m*6m soit 54 m2 forme rectangulaire
  • La couverture est constituée d'une dalle pleine de 8 cm quadrillée en fer 3/8¨ et 1/2¨ couvrant 39 m2 les 15 m2 restants sont couverts en tole
  • Les fondations sont en roches, les murs en parpaings de fabrication locale (non vibrés)
  • 9 poteaux constitués de 2 fers 3/8 et un fer 1/2 soutiennent la dalle. Ils sont ancrés au sol au moyen d'une semelle d'environ 50 cm*50 cm.
  • Les poteaux sont reliés entre eux en haut des rangées de parpaings (10 au total) par des poutres de composition équivalentes aux poteaux.
  • Il n'y a pas de chainage au niveaux des ouvertures ni au sommet des fondations (a plus forte raison au niveau des semelles.

Tentons d'imaginer ça avec des allumettes.

Nous avons donc 9 allumettes verticales, reliées entre elles par des allumettes horizontales à l'extrémité haute. Le tout soutenant une dalle de 39 m2 par 0.08m soit 3.12 m3 de béton armée qui pèse heu beaucoup. (7.8 T si je ne m'abuse merci jacques)
Essayez dans votre salon vous verrez que déja l'absence de chainage horizontal nuit à la stabilité de l'ensemble.
Maintenant prenez votre petite maquette et appliquez une pression verticale dessus, mettez y un éléphant (immobile l'éléphant). ça tient.
Soufflez dessus par le côté: Tout s'écroule.
Conclusion : Votre construction résiste aux pressions verticales beaucoup moins aux pressions horizontale. (Un rectangle se déforme à la moindre pression non homogène sur l'un de ses cotés)

Et là ....


TADAM




Roulement de tambour: Le panneau de contreventement.

Reprenons notre rectangle d'allumettes remplissons avec des parpaings (prenez un morceau de carton ça fera l'affaire pour la maquette. Et vous avez un panneau indéformable.
Mettez en deux perpendiculaires, remettez en deux autres dans le coin opposé de la maison, votre dalle faisant office de contreventement horizontal (assurant la rigidité des panneaux verticaux face aux risques de déformation.

En gros les forces horizontales se retrouvent transmises aux panneaux de contreventement verticaux et renvoyés dans le sol.

Voila la théorie maintenant nous allons voir comment je me retrouve avec minimum 2000 € de réparation sur ma maison (et j'estime que je m'en tire bien)

Bon j'espère qu'après ces explications si un jour un de mes anciens profs de physique me lit il se mordra les doigts de m'avoir mis 2 de moyenne de la seconde à la terminale.

Si un lecteur plus compétent que moi (et je sais qu'ils sont nombreux) veut compléter mes explications vaseuses: qu'il n'hésite pas.

Oups!!

Pour les lecteurs non créolophones, dans l'article un peu d'humour: "Kay Tol" signifie maison couverte en tôle.
Depuis le 12 janvier beaucoup souffrent d'une véritable phobie des dalles en béton.

vendredi 26 mars 2010

Rès Blok

Littéralement "morceau de parpaings"...
C'est ainsi que les écoliers de Bassin Bleu surnomment les enfants rescapés accueillis dans leurs écoles.
C'est charmant...

Quand les urgentistes s'interrogent

Un point de vue discutable mais intéressant d'un membre de MSF sur un blog de libé
Bonne lecture

Un peu d'humour

Un extrait du dernier article de Gary Victor dans le nouvelliste, pour bien comprendre il faut savoir que l'énorme majorité des hôtels de PAP font leur beurre de la location de chambre à l'heure...

"Pour terminer avec une note d'humour, parlons un peu d'amour et de sexe dans l'après-12 janvier. Certaines mauvaises langues prétendent que sous les tentes se prépare un boom démographique. Mais pour ceux qui ne sont pas sous les tentes et pour ceux qui veulent un moment de détente loin des yeux indiscrets, les choses sont un peu plus difficiles. Les lieux qui abritaient les amours deviennent très suspects, car on raconte partout l'histoire de couples surpris en pleine action cet après-midi du 12 janvier. On a tous envie parfois de se faire propulser au septième ciel, mais le ciel devient dangereux, surtout qu'il y a le béton comme première station. Ainsi, un hôtel de la capitale a recommencé sa publicité pour attirer sa clientèle. Elle notifie sa réouverture en annonçant qu'elle dispose de chambres climatisées à bon prix. Mais cet hôtel prend soin de préciser en grandes lettres : KAY TÒL ! Comme quoi les préjugés n'ont qu'un temps et qu'il suffit d'un moment de catastrophe pour que les regards, soudain, changent complètement. Cela serait bien si c'était ainsi dans tous les domaines; mais malheureusement, en général, rien n'a changé."

dimanche 21 mars 2010

Dur labeur


Vu sur le site de radio métropole...
Dans un souci humaniste d'urgence, et faute de véritable coordination voila le résultat.
Les dégâts à long terme risquent d'être importants. Quel signification donner au terme de travail dans ces conditions.
Sans parler de l'appel d'air prévisible sur PAP, d'une main d'œuvre attirée par des salaires 2 à 3 fois plus élevés qu'en province

samedi 20 mars 2010

Vous saurez tout

L'histoire du fameux but et de son caractère historique (merci wikipedia.)

"la Squadra Azzurra n'avait pas encaissé de but depuis 19 matchs avant de rencontrer Haïti, grâce notamment au talent de Dino Zoff. Cependant, à l'entame de la deuxième mi-temps, Sanon, parti en contre, élimine Zoff et ouvre le score à la surprise générale"

Erratum 2

Définitivement je suis une quiche en foot donc vous allez la sur wikipedia et vous decouvrirez que:

Mano Sanon n'a pas marqué 1 mais 2 buts.
C'était face à l'argentine et l'italie et non pas l'allemagne.

Tout faux quoi.

PS: ne surtout pas parler du match contre la pologne...

Erratum

La coupe du monde 74:
c'était donc face à l'allemagne, Haïti avait perdu 3-1 (le but de mano sanon dans la grande équipe avec Philippe Vorbes le fameux).
Mais C'était le seul but encaissé par l'allemagne de la compétition. Et ça quand même c'est pas des blagues.

Coupe du monde de football: Une nouvelle urgence se profile

Dire que les Haïtiens sont fans de football est un doux euphémisme, ne disposant pas d'une équipe digne de ce nom (quoique ils se sont qualifiés pour la coupe du monde 1974 et Mano sanon avait marqué un but synonyme de match nul face à ... je sèche la), ils se rattrapent en étant fanatique du brésil ou de l'argentine. Les conflits entre "brésiliens" et "argentins" en viennent régulièrement aux mains.

Bref j'ai entendu dire qu'il allait bientôt y avoir une coupe du monde quelque part en afrique du sud. Et là, on peut parier sans prendre de gros risques qu'une partie des 650 000 déplacés risque de se ruer sur Port Au Prince pour pouvoir assister aux matchs.

En effet beaucoup de villes de provinces n'ont pas accès à l'électricité ni au signal des télévisions retransmettant les matchs.
Cependant dans de nombreux endroits des projections payantes sont organisées, et il ne faudrait pas détruire ces business.

Une proposition:
  • Appuyer la création de business télé dans les zones où il n'y en a pas avec des petites centrales de charge dans le style de celles du Nord-Est (350 Wc, charge de téléphone, télé 19" consommant 38 Wc)
  • Organiser des retransmissions gratuites en différé sur les places publiques (cf cet article)

Ces retransmissions en différé permettrait au plus grand monde de voir les matchs tout en créant de l'activité économique connexe (vente de friture, boissons fraiches, bonbons...)

Qu'on le veuille ou non la reconstruction du pays passe par une lutte contre l'exode rural cela signifie:

  • Des opportunités économiques
  • L'accès au système éducatif
  • Une attractivité accrue des communes

Et le foot ben ça en fait partie.

vendredi 19 mars 2010

ctrl A ctrl C ctrl V

et voila un message pas long à écrire, je vous copie donc le rapport après trois semaines de mission que j'ai envoyé à ID.
Glossaire:
  • BBD, MSN, JR = Bombardopolis, Mole Saint Nicolas Jean Rabel
  • PADL: Programme d'appui au développement Local (qui travaille sur MSN et JR, très branché éducation citoyenne)
  • Welt Hunger Hilfe, c'est une ONG allemande qui se fait appeler Agro-Action Allemande mais je trouve la traduction tellement scandaleuse eut égard à leur nom d'origine et à ce qu'il font concrêtement sur le terrain (essentiellement du Food for Work) que je préfère garde le nom allemand.

Un point sur les activités au 8 mars 2010



Bientôt 2 mois depuis le séisme, dans le Bas Nord Ouest l'immense majorité des rescapés est toujours hébergée dans les familles élargies (certaines ont accueillis plus de 20 personnes).

Les activités avancent et l'on commence à mieux cerner les problématiques au fur et à mesure que l'on affine les données sur ceux que l'on appelle ici les « rescapés »


Sur le plan des activités:

  • La phase de rapatriement et de collecte d'information est terminée pour le Bas Nord Ouest

  • La première distribution alimentaire fournie par le PAM (Programme alimentaire Mondial) est terminée sur les communes de Bombardopolis et Môle Saint Nicolas (l'ONG Welt Hunger Hilfe se charge de la distribution pour les communes de Jean Rabel et Baie de Henne). La distribution s'est déroulée dans le calme et sans incidents notables. Elle permet de fournir la ration alimentaire sèche pour 6000 familles de cinq personnes durant un mois sur Bombardopolis et Jean Rabel. La deuxième et dernière distribution devrait débuter le 15 mars. Ce « mal nécessaire » aura permis de répondre à l'urgence humanitaire durant la phase de lancement des activités à moyen terme.

  • Une douzaine d'actions ont été initiées par le PADL afin de démystifier les séismes, elles visent en priorité les professeurs des écoles, mais également plus largement les leaders religieux, les radios et l'ensemble de la population. Il faut dire que de nombreuses rumeurs circulent qui entretiennent la « psychose de peur » (pour employer l'expression haïtienne)

  • Parallèlement et souvent conjointement Lucson, le psycho-clinicien dispense des formations afin d'expliquer aux éducateurs (parents, professeurs...) les symptômes du choc psycho-traumatique (flash-back, énurésie, difficultés de concentration...) afin de leur permettre de mieux comprendre des phénomènes souvent vécus comme angoissant pour l'entourage.

  • La cellule d'écoute psychologique est en place depuis une semaine, outre une permanence (pour le moment à Jean Rabel, Lucson a conçu un programme de visite dans les écoles. Les sollicitations sont importantes, ce qui démontre l'importance du programme de soutien psychologique.

  • Au niveau des activités génératrices de revenus, le programme commence à se mettre progressivement en place. Il s'agit en effet de privilégier les activités intelligentes qui rentrent dans le cadre des Plans de Développements Communaux. La mairie de Jean Rabel a mené une première petite activité de nettoyage des canaux de la ville mobilisant une dizaine de personnes. Sur Bombardopolis, ces activités viennent en soutien aux activités en cours au niveau du programme de développement local, à savoir la réhabilitation des pistes principales et les travaux de finition de la piste d'accès à la zone côtière. Deux cent personnes ont ainsi participées à la préparation de remblais et une vingtaine d'autres ont commencés les travaux de réhabilitation d'un tronçon du morne chien (qui relie Baie de Henne à Bombardopolis) qui a fait deux accidents mortels en 6 mois. La réflexion avance également autour de la mise en place d'activités de soutien scolaire et d'encadrement d'activités culturelles avec les jeunes étudiants qui constitue le gros du bataillon des recapés.

  • Dans le domaine agricole, une commande de semence vient d'être passée auprès du bureau agricole communal de JR. Elle permettra à 740 agriculteurs d'emblaver environ 30 ares de terres en haricots et maïs. Pour une action de plus grande envergure il faudra attendre la prochaine saison de plantation à l'automne. En effet la saison de plantation touche à sa fin et les approvisionnements en semences locales sont difficiles. Cette activité vise à renforcer la production agricole pour relancer l'économie locale , ce qui constitue bien évidemment une alternative plus durable à la distribution alimentaire.

  • Sur le plan éducatif, la grande majorité des élèves du primaire est maintenant rescolarisée grâce à l'action conjointe des mairies et de ADEMA qui ont passées des consignes d'accueil gratuit à toutes les écoles. Les augmentations d'effectif moyen sont de 7 à 10 % ce que les écoles parviennent à absorber. Le PAM s'est engagé à augmenter de 10 % les rations alimentaires à destination des cantines scolaires. Dans le secondaire, en revanche nombre d'élèves n'ont pas put être rescolarisé ou au prix d'augmentation d'effectifs de 27 à 100 %. Un lycée entier a été ouvert à Jean Rabel qui accueillent plusieurs centaines d'élèves. Des discussions sont en cours avec la direction départementale de l'éducation pour étudier les meilleures formes d'appui (complément de salaires, appui matériel, paiement des écolages...) de ce grand élan bénévole qui risque de s'essouffler faute d'accompagnement.

  • Les activités culturelles sont primordiales pour permettre la cohésion sociale, le développement d'un sentiment d'appartenance notamment pour des jeunes qui ont quittés le bas nord ouest depuis des années. Il s'agit également d'accroître l'attractivité des communes afin d'éviter un nouvel appel d'air sur la métropole portauprincienne. A ce titre de nombreuses activités ont déjà été organisées: Vidéo-projection de films en plein air à BBD, MSN et JR. Organisation avec des groupements de jeunes d'un jeu de correspondance et d'un tournoi de football sur BBD, séminaire sur la gestion des risques et désastres à JR, Animations à l'occasion de la Journée de la femme... Avec la mise en place de comités culturels, c'est un foisonnement de projets qui voient le jour, nous accompagnons les communautés dans l'analyse de la pertinence des dits projets.


Les différentes activités avancent donc à grand pas malgré la fatigue des équipes, mais les enjeux restent colossaux notamment dans le secteur de la scolarisation des élèves du secondaire.


jeudi 18 mars 2010

quand on vous dit!

Que la problématique des adoptions en Haïti ne peut ni ne doit faire l'objet d'une quelconque accélération.
Notez bien le: "aucun des enfants n'était orphelin!!!"

Haiti : Les "orphelins" retrouvent leurs familles

Les enfants victimes des 10 missionnaires américains arrêtés le 30 janvier alors qu'ils tentaient de les faire passer en République Dominicaine, ont été remis mercredi à leurs familles, soit 22 familles au total, c'est ce qu'a annoncé l'association SOS Village d'enfants.

Aux dernières nouvelles il y aurait un enfant qui n'aurait toujours pas retrouvé sa famille car de nouvelles vérifications sur l'identité de ses parents sont attendues

Line Wolf Nielsen, une porte-parole de l'association a déclaré que les "familles ont pu retrouver les enfants. Aucun des enfants n'était orphelin"

Mme Nielsen a précisé qu'une aide de 15.000 gourdes a été donnée à chaque famille et les enfants vont bénéficier de bourses scolaires offertes par les autorités haïtiennes, l'ONG CARE annone qu'elle va fournir une assistance psychologique aux enfants.

Rappelons que les dix Américains, des baptistes membres d'une association caritative appelée "Le refuge pour une nouvelle vie des enfants", basée dans l'Idaho avaient été arrêtés le samedi 30 janvier après-midi à la frontière Dominicaine de Malpasse avec 33 enfants qu'ils tentaient de faire passer en république voisine. Ces enfants ont ensuite été transportés au SOS Children's Village et l'on a appris que la plupart d'entre eux avait encore de la famille. Certains enfants ont depuis été réclamés par des personnes se présentant comme leurs parents.

mercredi 17 mars 2010

A la demande d'une fidèle lectrice

Que nous saluons au passage...
la traduction (ou au moins une tentative si quelqu'un a mieux je suis preneur) de la blague racontée par gary victor
Pour mémoire:
Il y a cette blague qui court les rues : Satan, sidéré, muet de jalousie, regarde le spectacle de Port-au-Prince le matin du 13 janvier et dit, furieux, vexé : « Peyi sa a vire lòlòj moun ou pa ta sipoze ! Brother a pa ta bezwen rive nan sa m wè a pou l fè moun sou do m ! »

Traduction:

Gen blag sa kap kouri nan tout lari: Satan sezi, jalouzman pran l lè l gade spektak potoprens nan maten 13 janvye: "ce pays retourne même les gens que l'on aurait pas supposé! Brother (comprendre dieu) n'avait pas besoin d'en arriver à ça pour me faire une réputation (littéralement me faire des gens sur le dos)!


Sinon dans la série on en découvre des nouvelles tous les jours, je suis depuis deux jours à Saint Louis du Nord et suis tombé par hasard sur un phénomène semble-t-il assez massif. Près de 10% des élèves régulièrement scolarisés avant le 12 janvier n'ont pas réintégrés leurs classes après la reprise des cours mi février.
Autre phénomène inquiétant, dans les écoles privées (qui constitue le gros du bataillon des écoles de ce pays) plus personnes (ou presque) ne paye les frais de scolarité. Résultat de nombreuses écoles non subventionnées sont incapables de payer leurs professeurs.
Ben ça va pas simplifier les choses pour parvenir à l'objectif tout beau tout neuf de l'UNICEF: Scolariser tous les enfants d'Haïti à la rentrée 2010-2011. Résultat auquel on n'a jamais put parvenir depuis 50 ans et auquel vient s'ajouter la destruction de 40% des écoles de l'Ouest.

Préval a déja essayé la méthode Coué lors de sa rencontre avec Obama, l'UNICEF lui emboite le pas...

mardi 16 mars 2010

Revue de presse suite

Plus de cents latrines installées sur la place dessalines... Pauvres héros de l'indépendance
Ou comment en payant des gens pour nettoyer on génère de la frustration et plus de saleté...
Paru dans le nouvelliste.


"Haïti: Une petite pluie fine et froide tombe sur le Champ de Mars, la cité des tentes où grouillent des milliers de sans-abri. Mais où est-ce que tous ces gens vont déféquer ? Bien des semaines après le séisme, le peuple des sans-abri se soulageait partout sur la Place des héros et dans des cabinets de toilette portables que des entrepreneurs privés avaient installés ça et là sur le site. On payait dix gourdes si on voulait utiliser ces latrines privées.

Depuis la mi-février, tout le Champ de Mars est envahi de cabinets frappés du logo de compagnie privée. La place Jean-Jacques Dessalines, à quelques mètres des places Pétion et Toussaint Louverture, à elle seule, contient au moins cent cabinets dont la propreté est assurée par vingt femmes divisées en deux groupes. Cette main-d'oeuvre journalière est prise en charge par Action contre la Faim (ACF) à raison de 250 gourdes par jour et par personne. Chaque femme travaille pendant trois jours et demi, de sept heures du matin à cinq heures de l'après-midi, et perçoit hebdomadairement 875 gourdes.

Travailler tout en maugréant

« Ils sont dégoûtants ces gens-là ! Ils sont malpropres ! », bougonne Mervenue Jeune en aspergeant de désinfectant les lieux d'aisance. Gantée, munie d'un balai, elle fait son travail tout en maugréant. « Ils sont mauvais, ces gens-là. Ils chient partout. Ils chient sur le couvercle et par terre. Vous allez me dire qu'ils ne font pas exprès ? Que me voulez-vous monsieur, vous voulez voir ce qu'il y a au fond de ce trou ? », braille-t-elle à mon endroit.

Le petit bout de femme - mère de six enfants dont deux vivent avec elle, sous une bâche, à l'ombre de la statue équestre de Dessalines - se montre plus prudente quand je me suis présenté comme journaliste du Nouvelliste. « Vous avez dit Le Nouvelliste ? Votre carte? Je ne connais pas cette radio. Peu importe, alors. Vous voyez que je fais un sale boulot », me dit-elle en se barricadant derrière son balai qu'elle tient comme une arme.

Sur ces entrefaites, une jeune fille entre dans l'un des cabinets qu'elle vient de nettoyer. « Mademoiselle sortez de là. Vous n'avez pas le droit de rentrer ici avec vos chaussures », ordonne Mervenue. La jeune fille sort et dit : « Si je rentre avec mes chaussures, madame, c'est pour me protéger des microbes. » Mervenue de répliquer : « Enlevez vos chaussures. Et allez vous asseoir sur le couvercle. » « Moi ? m'asseoir. Je dois m'accroupir. » La discussion s'envenime. D'autres personnes arrivent. Le président du comité de la place Dessalines, Jérôme Louibert, pointe avec un sachet de rouleaux de papier hygiénique et conseille à la demoiselle de respecter les principes établis. Aussi têtue qu'une mule, elle ne se plie pas aux injonctions de Jérôme. Elle préfère aller se soulager ailleurs. Il y a tellement de sanitaires au Champ de Mars que les utilisateurs n'ont pas le temps d'écouter des conseils. Ils ont le choix.

« Vous voyez combien ce peuple a besoin d'être éduqué! Pendant que nous sommes ensemble, c'est le moment de leur apprenne quelques principes d'hygiène de base. Depuis que les gens vont à la selle gratuitement au Champ de Mars, les problèmes nous tombent dessus. Seulement aux abords de la place Dessalines, il y a cent toilettes. Elles sont réparties par groupe de vingt-cinq, cinquante et cent sur d'autres sites. On a mis cent rouleaux de papier hygiénique sur mon site. En quelques minutes, on les a tous volés », confie Jérôme.

« Nous avons des problèmes parce que nous touchons 250 gourdes par jour », coupe une domestique reconvertie dans ce genre d'activité. « C'est vrai, ce qu'elle dit. On jette des pierres, des boîtes en plastique de jus, et même des draps au fond des toilettes. Ces objets causent des difficultés aux employés qui vidangent les matières fécales. Les gens badigeonnent les murs des toilettes. Le soir, on bousille les manches des portes », dit, navré, Jérôme.

« Ils peuvent tout faire. Je ne vais pas payer pour me débarrasser d'une chose dont je n'ai pas besoin », dit une grosse femme tenant un papier hygiénique en main, oubliant d'aller se soulager. Les toilettes privées auxquelles elle fait allusion ont disparu du paysage. Sauf quelques-unes sont encore en service. Du côté du kiosque Occide Jeanty, le prix a baissé. Cinq gourdes pour se soulager, aujourd'hui! L'offre abondante fait chuter les prix. Principe simple en économie, même s'il s'agit de chien!

Du travail pour les femmes qui travaillent

A quelques pas, Denise Raymond, marchande de « manje kwit » élevant seule ses six enfants, adresse les mêmes reproches aux utilisateurs de ces W.C. « Au Champ de Mars, ce sont des femmes qui m'injurient. Elles étaient en de bons termes avec moi. Depuis qu'elles savent que je gagne 250 gourdes par jour, elles me font des misères. Il y en a même qui ont osé me dire : vous travaillez, vous gagnez de l'argent. Eh bien! nous allons vous donnez du travail », dit-elle.

La fille de Raymonde confie qu'elle préfère aller satisfaire ses besoins dans les cabinets alignés sur la place des pompiers. « Dans ces toilettes, c'est propre. Les gens sont moins malveillants parce qu'il y a des policiers qui sont sur place », signale-t-elle.

En dépit de ces difficultés, ces femmes estiment que ce boulot est une aubaine. Mervenue gagnaient 1500 gourdes mensuellement, d'autres femmes comme Raymonde, peinaient durement pour tirer un certain bénéfice de leur commerce de plats chauds. Ces femmes qui travaillent de huit heures du matin à cinq de l'après-midi souhaitent continuer à mener ces petits boulots qui durent peu mais rapportent 3500 gourdes même si c'est pour nettoyer de la merde des autres. L'argent n'a pas d'odeur!

dimanche 14 mars 2010

Revue de presse

Tout d'abord lyonel Trouillot sur le site de radio Kiskeya

"SI M PA RELE
Un cas de « wont sèvi kòlè »

La tribune de l’écrivain Lyonel Trouillot
samedi 13 mars 2010,

Radio Kiskeya

Il y a quelque chose de pathétique dans les cris de colère lancés par quelques beaux messieurs et quelques bonnes dames clamant leur appartenance aux classes aisées, face aux constats ou propos de journalistes étrangers sur les divisions sociales haïtiennes, sur l’odieuse injustice sociale qui ne résume pas Haïti, mais qui en reste l’une des caractéristiques les plus évidentes pour qui veut regarder.
Il y a eu le séisme. La terre n’a pas fait le tri. Et, dans toutes les classes sociales il y a eu, face à la détresse des autres, des gestes de solidarité, de bravoure, même d’héroïsme. Dans de telles situations, ce sont moins les classes qui sont vertueuses que les individus. Les journalistes étrangers, dans leur majorité, n’ont pas assez signalé la valeur de tels actes, le côté profondément humain des réactions individuelles. Bien sûr, il n’y a pas eu que ça, il y eu les fuites précipitées vers l’ailleurs, quelques entrepreneurs qui ont préféré sécuriser coffres et marchandises, et quelques oreilles restées sourdes aux appels de voisins… Mais tout cela existe partout. Comme le courage et la lâcheté, la bonté humaine et l’individualisme.
Saluer ces actes de courage et ces élans spontanés est une chose. Refuser de voir ce qui était avant le séisme et qui demeure (le manque d’équité, de justice sociale ; l’indifférence de classe ; le parti pris de l’exclusion) est une autre chose. Et refuser aux journalistes, comme à tout individu ou groupe qui le voudrait, de voir ce que l’on ne veut pas voir, de dire ce que l’on ne veut pas entendre, ne fait pas de sens. On peut voir les deux choses en même temps, et les actes de courage de quelques bonnes âmes de quelque soit le milieu ne peuvent servir de masque au partage inégal qui fait les malheurs permanents de ce pays. Qu’il y ait eu des actes de courage, cela veut dire que la société n’est pas fondée sur l’injustice et que cela doit changer ! Qu’il y ait eu des actes de courage, cela veut dire que quand quelqu’un tient des propos qui allient beauté et teint clair, ce n’est pas du racisme ! Qu’il y ait eu des actes de courage, cela veut dire que quand quelqu’un se prévaut de n’être là que pour le commerce et ne s’intéresse qu’à son commerce, c’est de l’humanisme et du patriotisme ! Qu’il y ait des entrepreneurs et des entreprises qui se sont engagés dans l’aide sans penser à leurs intérêts économiques immédiats, voire à perte (hommage leur soit rendu) cela veut dire que ce n’est pas injuste qu’en temps normal le travailleur ne puisse subvenir à ses besoins primaires avec son salaire !
Allons donc. Dénonçons les journalistes pour ce qu’ils n’ont pas vu : des actes de solidarité, de bienveillance, de tous et de partout, la débrouillardise dans les milieux populaires… Pour ce qu’ils ont exagéré par besoin de sensationnalisme : pillages, banditisme… Mais pas pour ce qui est visible à tous, tremblement de terre ou pas : l’existence du racisme, le partage trop inégal des richesses, le mépris de l’autre par certains groupes sociaux ou au moins par certains membres de certains groupes sociaux. Aux yeux du peuple haïtien dans sa grande majorité, aux yeux du monde entier (il suffit de passer quelques heures ici et d’observer le fonctionnement de certains groupes) les élites économiques haïtiennes ne sont pas jolies. En y mettant des nuances, on pourrait dire que tous les membres de ces élites n’ont pas forcément le même comportement, et ce serait sans doute vrai, mais c’est une loi humaine que l’évidence du pire. Folles, ces élites, ou fous les pires en elles s’ils croient que quelqu’un, en dehors de leurs cercles les trouve modernes, sympathiques… Quelle doit être la solitude de celui qui n’est beau qu’à ses propres yeux…

LYONEL TROUILLOT"


Ensuite sur le site du nouvelliste un autre écrivain: Gary Victor, comme vous pourrez le voir ce qu'il dit n'est pas très différent de mon avant dernier message. C'est par contre beaucoup mieux écrit.

Chronique d'une folie incrustée

"Haïti: Nous continuons à fonctionner dans l'escalier mental de notre folie ségrégationniste même dans l'après-séisme. Dans les camps, dans la tête des gens, il s'établit une hiérarchie sociale établie selon qu'on vit sous une tente, sous un prélart, sous un abri en toile, sous un abri en tôle et dernier niveau, sous un abri en carton. Il faut dire que parmi les tentes, il ne fait pas trop bien de se retrouver parmi ces tentes très basses qui étaient vendues ou distribuées avant le séisme.
Un ami me faisait remarquer qu'il avait été assez surpris de voir un étranger vanter les mérites de l'eau que son ONG distribuait bien sûr gratuitement à des centaines de sinistrés, puis de voir ce même étranger sortir d'un supermarché trainant devant lui un charriot plein de bouteilles d'eau de boisson pour son usage personnel. C'était en vérité un bel exemple de probité- on ne verrait pas un comportement pareil chez un natif-natal- mais aussi une preuve que cet étranger ne faisait peut-être pas confiance à cette eau dont il ventait les mérites.
Au niveau du kilomètre 3, de la route de l'Amitié qui relie la nationale 2 à la ville de Jacmel, où on persiste, depuis des années, à exploiter une carrière de sable qui met toute cette région en danger, le séisme a fragilisé encore plus l'environnement. D'impressionnants rochers se sont détachés de la montagne et ont roulé pour se mettre presque au travers de la route. Samedi matin, j'ai vu de mes yeux plusieurs camions s'arrêter au bord de la route pendant que des travailleurs piochaient dans les rochers pour en récupérer le sable. En fait, la mine continue à être exploitée comme si de rien n'était. Plus les jours passent et plus la folie s'incruste.
J'ai vu aussi des faux camps en deux endroits au bord de la route de l'amitié et on m'a signalé des faux camps en d'autres lieux. Sachant que les étrangers distribuent nourriture et denrées diverses aux sinistrés bien visibles, certains malins s'empressent de construire un camp. Il faut qu'il soit dans le plus mauvais état possible. Un état.. médiatique. Pour atteindre l'étranger au coeur là où l'Haitien resterait de... marbre. Bois, toiles, matériaux de récupération et on fait s'y installer femmes, enfants surtout de la zone. Avec un peu de chance, on peut voir la manne du ciel tomber rapidement.

Il y a même l'histoire d'autres petits malins qui ont installé des tentes dans différents camps de manière à récupérer le plus possible au niveau de l'aide distribuée. Les cartes pour la nourriture sont aussi l'objet de pas mal de trafic. La chance, c'est qu'avec tout le riz, momentanément, en circulation, le commerce de cette denrée trafiquée, momentanément, se ralentit. Mais comme tout cela ne peut être que momentané et comme notre président, soucieux de certains intérêts, veut défendre la « production nationale » en ralentissant l'aide, on peut s'attendre bien vite à une reprise très profitable. Il faut se défendre comme on dit dans notre savoureux langage.
On s'installe dans une précarité qui est peut-être meilleure que celle d'avant. Dans la précédente, on était inexistant aux yeux de l'État. Maintenant, on est visible aux yeux des étrangers et on devient une mine d'or pour les grands malins qui aiment bien les catastrophes. Le Champ de Mars, la nuit, a l'ébullition d'une cour des miracles. C'est la grande promiscuité des fêtes champêtres haïtiennes où les souffrances, le mépris s'oublient dans un corps à corps forcené avec la nuit, avec les ténèbres. On y fait le commerce de tout, du frais et du moins frais, du naturel et du conservé, de l'enfumé, du braisé, dans une ambiance où les vapeurs d'ammoniaque se mêlent à d'autres plus insupportables, mais que nos nez, si habitués, à la corruption ne peuvent plus capter. Il y a des citoyens qui y vont pour cette ambiance de fin du monde, mais combien excitante dans notre culture du chaos.
N'oublions pas les lignes impressionnantes devant les guichets de la DGI et d'autres institutions étatiques devant fournir des services aux citoyens. Dans des conditions dites normales, on ne se préoccupait pas trop de faciliter aux citoyens l'accès aux services. Maintenant, c'est encore pire surtout que la priorité pour l'État, c'est de rentrer du fric. Ce qui est toujours bizarre dans cette histoire, c'est que ces queues pour des services essentiels ne sont pas faites pour certains de nos compatriotes. La queue a toujours pour fonction de monnayer au prix fort l'accès et la rapidité de certains services. Alors, ceux qui peuvent payer ne s'en privent pas.
La réouverture des classes est sans doute le plus grand casse-tête que doivent résoudre nos dits dirigeants. Quelques écoles qui avaient tenté même de réunir leurs élèves pour définir une nouvelle programmation devant empêcher une rupture trop longue avec le cycle normal d'apprentissage ont dû les renvoyer manu militari sous la surveillance de fonctionnaires du ministère de l'Éducation nationale soudainement soucieux d'empêcher une éducation à deux ou trois vitesses. Pendant ce temps, tous ceux qui ont un tant soit peu de moyens - en particulier nos dirigeants - expédient leurs enfants à l'étranger pour qu'ils puissent continuer le plus vite possible leurs études. Pendant ce temps, le petit peuple jeune fait appel à Jésus sous l'oeil rigolard du président de la République trop heureux sans doute que Dieu, par une impensable rhétorique, soit rendu responsable de la catastrophe et de tous ces morts.
Il y a cette blague qui court les rues : Satan, sidéré, muet de jalousie, regarde le spectacle de Port-au-Prince le matin du 13 janvier et dit, furieux, vexé : « Peyi sa a vire lòlòj moun ou pa ta sipoze ! Brother a pa ta bezwen rive nan sa m wè a pou l fè moun sou do m ! »


Gary Victor

samedi 13 mars 2010

Visite à vallue vol III


HIMO (Haute Intensité de Main d'Oeuvre), plusieurs dizaine de milliers de personnes sont actuellement occupées à ces activités de "relèvement immédiat".
Image saisie sur la route de léogane, une femme les yeux dans le vague s'obstine à balayer depuis x temps un petit carré de bitume de 20 cm par 20 cm...
T Shirt Bleu ou T Shirt Rouge,Cash for work ou Food for Work, des équipes sous équipées s'échinent au pied de montagnes de gravats...
Pendant ce temps la saison des pluies commence et les champs restent en friche faute de soin.
Dans les provinces aussi des campagnes d'HIMO se mettent en place; léger problème la majorité des réfugiés, lycéens ou étudiants n'ont aucune envie d'aller s'échiner à sarcler des routes avec une machette...
EDM a mis en place sur Martissant un système assez intéressant d'HIMO intellectuelles (cours de soutien scolaire, animations culturelles...)

Visite à vallue vol II


Un article récent de C. Wargny s'intitulait "Tectonique de la misère" actuellement je parlerai plutôt de "tectonique du misérabilisme".

L'afflux d'aide humanitaire et particulièrement l'aide humanitaire non-organisée (dons par les églises, organisations ne connaissant pas le terrain...) entraine une course morbide à la visibilité par les sinistrés.

A Port Au Prince évidemment, le problème de place étant crucial les gens se sont installés où ils pouvaient, mais de préférence le long d'un axe de passage des camions d'aide alimentaire.

Mais en province on atteint des pics parfois totalement ubuesques, ainsi à Léogane ville rurale où les champs ne manquent pas et où les 3/4 des maisons disposent d'un cour suffisamment grande pour pouvoir y installer sa tente, un village de sinistrés s'est installé sur la bretelle de la déviation.

Un triangle de quelques centaines de m2 entre trois rubans d'asphaltes alors qu'à quelques dizaines de mètres de la il y a des champs à perte de vue.
Sur la route de Vallue, l'APV a du intervenir plusieurs fois pour interdire la formation de ses rassemblements misérabilistes le long de la route.

Les gens n'étant pas fous une bonne partie de ses abris sont en réalité inhabités, les gens s'étant installés plus "confortablement" (tout est relatif) dans des zones plus agréables.

Résultat certaines personnes ont déja reçus deux ou trois tentes qu'ils se sont empressés de monter chez eux, l'abri provisoire restant là dans le même état.
Ils y "habitent" dans la journée déménageant chaque soir quand la ronde des 4x4 et autres camions militaires est terminée.

Entendons nous bien je ne cherche pas à dénoncer de manière manichéenne l'aide humanitaire (la critique est facile et l'art est difficile) encore moins le comportement de gens qui ont tout perdus et adaptent leur comportement de façon à "recapitaliser" comme ils le peuvent. Simplement ces constats montrent l'importance de parvenir rapidement à une coordination intelligente des actions et de sortir très vite de l'aide alimentaire.

vendredi 12 mars 2010

Visite à vallue vol I


un copain qui était à PAP au moment du séisme me disait que le 12 janvier la phrase qu'ils ont répétés en boucle pendant toute la soirée était "oh putain", ou son équivalent créole "tèt chaje".
Effectivement la zone de léogane particulièrement, il ne reste pas beaucoup de maisons intactes.
Ailleurs ce sont essentiellement les gros batiment (école, églises, administrations qui se sont écroulés (collapsed le mot de l'année!).
Et puis après c'est extrêmement variable d'une zone à l'autre.
A vallue par exemple: a ti plas (là ou se trouve mam maison) les dégats sont relativement modérés. Le sous sol étant rocheux et la plupart des maisons à ossature bois il y a peu de maisons détruites (3 ou 4 sur une vingtaine ont des dégats nécessitant une importante réparation.
Pour les autres ce sont les "panneaux" c'est à dire les murs de roches (voir photos ci dessous qui se sont désolidarisés de la structure et sont tombés. Il suffira de passer quelques fils à ligature entre les poteaux (ou de mettre des croix de saint andré comme dans les maisons à colombage) pour que le problème soit résolu dans l'avenir. Autre solution remplacer les panneaux en roches par des contreplaqués qui feront ainsi office de panneaux de contreventement.

Plus haut en revanche la zone de kay janno (une vingtaine de maisons) est totalement inhabitable suite à des éboulements de terrains.
A piton (le plateau qui surplombe vallue) il n'y a plus guère de maisons debout.

En contrebas de vallue, la rivière de grand goave a été bloquée par un éboulement de terrain, un énorme lac est en train de se former qui menace la ville. Il paraît que l'armée américaine est sur le coup, on peut donc dormir sur nos deux oreilles.

lundi 8 mars 2010

Table vibrante

Je suis descendu à Port Au Prince hier, à partir d'Arcahaie on a l'impression d'un banc d'essai à intensité graduelle.
Sorte de test grandeur nature et macabre de la résistance des constructions.
Au niveau des constructions individuelles, l'un des éléments qui a fait le plus de dégâts est l'absence sur 99% des maisons de chaînage au niveau des ouvertures.
Résultat les fameux panneaux de contreventement (un mot tellement abscons que même mon correcteur d'orthographe le connait pas...) ne contreventent rien du tout.
Je monte à Vallue (Petit-goâve) demain. Un petit reportage photo vaudra toutes les démonstrations.

Précision sur les taux

On me signale que le message précédent peut manquer de clarté pour ceux qui ne maitrisent pas le taux de change Gourde (HTG)/Euro
Au premier mars le taux est de 53 HTG/1€ (il était de 63 avant le séisme, le paradoxe étant que le besoin de change de l'aide internationale a fait monte la valeur de la monnaie!!!)
Rappelons que nombre d'Haïtiens vivent avec moins d'un dollar par jour.

samedi 6 mars 2010

Du solaire pour Port Au Prince

Voici un extrait du rapport du Réseau National de Droits Humains sur la situation dans les camps de réfugiés.

"3.Sorcellerie
Parallèlement, les mères et pères de famille occupant les camps se plaignent de l'absence du courant électrique, ce qui favorise le phénomène de la sorcellerie. Il est rapporté que le soir, des enfants en bas âge ont du mal à dormir alors que d'autres tombent malades. De plus, des animaux tels que des chiens, des poules, des cochons, des couleuvres, rodant autour des camps, attaquent au cours de la nuit, les nouveau-nés, les femmes enceintes, les enfants en bas âge. Si certaines personnes en âge avancé, persécutées par la population, sont arrêtées pour sorcellerie et conduites dans les commissariats, d'autres sont purement et simplement lynchées par la population. Au moins deux (2) cas de lynchage respectivement à Carrefour et à Delmas ont été rapportés au RNDDH.
"

Bien d'autres éléments sont impactés par l'absence de couverture électrique: sécurité, accès nocturnes aux toilettes, recharge de téléphone, accès aux loisirs (télé, radio...)

Voici donc un petit document de plaidoyer que j'ai préparé.

NOTE POUR LA PRISE EN COMPTE DE L'ENERGIE SOLAIRE DANS LES PROJETS D'APPUI A LA POPULATION DE PORT AU PRINCE



Au lendemain du séisme du 12 janvier, l'électricité a été intégralement coupée sur la métropole Port-au-princienne, le lent retour à la normale prendra plusieurs mois, et la couverture électrique ne sera pas supérieure à ce qu'elle était avant le 12 janvier.

Par ailleurs, les nombreux camps de réfugiés ne disposent d'aucune forme d'éclairage public.

Enfin de nombreux petits commerçants et commerçantes ont perdu leur fond de commerce et sont dans l'incapacité de recapitaliser.


La présente note vise à proposer des pistes s'appuyant sur l'énergie solaire afin de générer des revenus pour les personnes les plus vulnérables et particulièrement les femmes à court et moyen terme; apporter des options en vue d'une amélioration durable de la couverture énergétique sur l'agglomération de la capitale.


  1. Activités génératrices de revenus:


Ces activités visent à répondre à des besoins temporaires liés à la pénurie énergétique sur la zone, le dispositif mis en place doit tenir compte de cette dimension en prévoyant:

  • soit une possibilité de réaffectation des dispositifs sur d'autres zones non couvertes par le réseau EDH.

  • Soit des possibilités de reconversion des dispositifs (injection dans le réseau, activités de restauration etc...)

Cependant au vu des besoins énergétiques qui prévalaient avant le séisme il apparaît que ces dispositifs pourraient connaître une durée de vie en l'état largement supérieure au rétablissement du réseau.


    1. Centrales de charge de téléphone


Suite à la coupure générale d'électricité, la recharge de téléphone est devenu un véritable casse-tête pour la population, profitant de leurs situation de monopoles, les quelques heureux possesseurs de micro-génératrices ont développés de lucratifs business montant les coûts de recharge jusqu'à 20 HTG par téléphone.


Des petits dispositifs d'une capacité de 150 WC pourraient être mis à disposition des commerçantes moyennant le paiement d'une redevance (cette activité est particulièrement intéressante pour les femmes ayant des enfants en bas âge qui ne peuvent se déplacer). Permettant la recharge de 30 à 40 téléphone/jour et la possibilité pour le bénéficiaire de disposer d'un point lumineux le soir, il peut permettre de dégager un revenu brut de 300 HTG/jour moyennant un prix de recharge à 10 HTG et 150 HTG/jour moyennant un prix de recharge à 5 HTG.

Cette activité étant compatible avec des activités d'achat revente, elle peut permettre aux commerçants de recapitaliser progressivement en reconstituant leurs stock à partir des recettes générées


    1. Vente et recharge de lampes rechargeables.


L'absence de points lumineux dans les maisons et les campements constituent pour les familles un facteur majeur d'inconfort et contribue à un sentiment d'insécurité pour les populations.

La mise en place d'un programme de vente de lampes rechargeables (technologie LED ou Néon) à prix subventionnés permettrait aux foyers de s'équiper d'une source lumineuse nomade à moindre coût.

Des centrales de recharge d'une capacité d'environ 300 WC permettrait de desservir 90 foyers en créant des emplois pérennes. Le coût de recharge pour les familles seraient d'environ 100 HTG/mois soit un coût considérablement plus faible que celui de l'achat de piles pour des lampes de poche pour un confort incomparable.


    1. Points de divertissements


Cette activité déjà expérimentée avec succès dans le Nord-Est peut être complémentaire des deux activités sus-mentionnées, elle consiste en l'intégration au dispositif d'une télévision et d'un lecteur de DVD permettant d'organiser des séances payantes de projection de films.


  1. Eclairage public et amélioration de la couverture énergétique régionale.


    1. Éclairage public


Il s'agit d'un point crucial pour la diminution de l'insécurité, et l'augmentation du sentiment de bien être particulièrement dans les camps de réfugiés. Il est à noter que les lampadaires solaires existants sur l'agglomération ont remarquablement résisté au séisme du 12 janvier notamment sur la commune de Tabarre.


L'implantation de lampadaires solaires dans les camps et les quartiers à forte concentration de population apparaît comme une nécessité. Compte tenu des fortes concentration de population, il paraît pertinent de procéder à une centralisation du générateur solaire et un réseautage en 48 v CC permettant l'implantation à moindre coût de plusieurs sources lumineuses.


Le grand intérêt de ce dispositif réside dans sa modularité, son autonomie et la possibilité d'une réimplantation sur un autre site suite au relogement des personnes vivants dans des camps temporaires.

Ces installations devront être intégrées aux patrimoines communaux.


    1. Amélioration de la couverture énergétique régionale.


Dans la perspective du relogement durable des rescapés, et à plus large échelle d'une amélioration de la couverture énergétique, il paraît pertinent d'étudier la possibilité d'intégrer des générateurs solaires sur les toitures orientées au sud des maisons.


Cette démarche nécessite la signature d'un accord de partenariat avec l'EDH. En effet il s'agirait d'un système de compteurs à entrée/sortie, le client s'engageant à payer le surplus consommés et le fournisseur le surplus produit.

En intégrant aux toitures des générateurs d'une capacité comprise entre 0,5 et 2 Kwc, on vise un triple objectif:

  • Assurer l'indépendance énergétique des logements construits.

  • Contribuer à un dispositif d'éducation citoyenne en matière d'économie d'énergie (le revenu généré étant directement fonction de la quantité consommée)

  • Générer un revenu pour les foyers contribuant à l'amortissement et l'entretien des constructions.


Ces installations en panneaux solaires amorphes, d'une surface allant de 10 à 40 m2 seraient directement intégrées à la toiture garantissant ainsi leur sécurité contre les vols.

La consommation moyenne des foyers haïtiens étant généralement inférieure à 1 Kwh/j on dégagerait un surplus de production journalier compris entre 1 et 4 Kwh/j.


mercredi 3 mars 2010

activités pour les jeunes cadres

Voici un petit document de réflexion élaboré dans le cadre de nos programmes, il s'agit comme expliqué dans le post précédent de réfléchir à une approche pertinente à destination des jeunes déplacés ("rescapés", "rapatriés", "réfugiés"... le terme fait débat).
S'appuyer sur les programmes existants en y intégrant les problématiques nées suite au séisme, c'est je pense la bonne solution.
Tatonner, réfléchir, douter, tenir compte des contextes locaux (par exemple il existe sur Jean Rabel une association de jeunes cadres assez dynamiques, à Bombardopolis on peut s'appuyer sur une organisation de micro-finance ouverte et dynamique), ne pas proposer de solutions clés en main, privilégier la qualité sur la quantité...

activités jeunes cadres/ Small et médium business

Réflexions et pistes à suivre



Objectifs: Encourager l'installation des jeunes cadres rapatriés en stimulant la création d'emplois qualifiés et d'activités génératrices de revenus.


Prérequis:

  • disposer d'un inventaire des cadres.

  • Identifier une dynamique de réimplantation dans le milieu (temporaire ou permanente)


Pistes:

Embauche importante de jeunes cadres en appui aux communautés locales:

  • par une embauche directe au sein d'ID/ADEMA (animateurs socio-culturels, renfort sur programme éduc, profs pour les écoles et le secondaire, greffeurs en renfort sur projet mangue?)

  • par la création d'un « comité d'expert » autour: de l'aménagement territorial (lien avec programme d'aménagement sur le môle saint nicolas), de la réflexion sur la filière charbon (voir avec PDLH) des filières novatrices? ...

  • Par la création d'emploi pour les CT, Par la création d'emploi pour les organisations (type emploi-jeunes?Stages rémunérés?)

  • Par la création d'emplois qualifiés autour des HIMO (ex assainissement guest JR)/ volet formation professionnelle (ex: construction d'une fosse septique)

POINTS FORTS

POINTS FAIBLES

- Présence d'un vivier important

- Possibilité pour certains jeunes de faire une première expérience professionnelle

- Occasion pour les programmes de « tester » des ressources potentielles.

- Nécessite une encadrement important

- Très forte hétérogénéité de niveau


Mise en place d'une formation pro autour du solaire:

  • Liens avec programme en cours sur BBD, piste UE facilité, ICCO

  • Lien avec possibilité achat stocks panneaux solaires TENESOL.

  • Possibilité d'avoir plusieurs niveau de formation appui électricien sans frontière possible.

POINTS FORTS

POINTS FAIBLES

- Lien très fort avec programmes en cours et en projet (PDLB/ Abbé Pierre/ UE facilité)

- Formation novatrice et originale donc susceptible d'intéresser les jeunes.

- Vivier d'emplois potentiels sur le BNO relativement limité (entre 25 et 100)

Mise en place d'une formation à destination des maçons et ingénieurs sur les normes para-sismiques et para-cycloniques.

  • Possibilité bourses pour formation en france

  • Recrutement d'un responsable de formation?



POINTS FORTS

POINTS FAIBLES

- Disponibilité des supports de formation au niveau du PADL

- Prise en charge directe par le PADL

- Très forte demande

- Possibilité de lancer très rapidement cette activité.

- Hétérogénéité des niveaux

Appui à la mise en place d'Activités Génératrices de Revenus:

  • Organisation d'un concours jeunes entrepreneurs

  • Dispositif avec les mairies similaire à BBD: Octroi d'une subvention Paiement d'une redevance.


POINTS FORTS

POINTS FAIBLES

- Peut permettre la mise en place d'activités pérennes

- Quelques demandes identifiées (dentiste, maçons...)

- Expérience antérieure positive avec UJBAM

- Risque de manque de créativité des projets

- Nécessité de trouver un cadre d'appui



mardi 2 mars 2010

Le secondaire et l'enseignement supérieur

Au fur et à mesure que le programme d'appui aux déplacés du Nord Ouest se met en place nous prenons conscience de l'ampleur de la tâche et d'une problématique particulièrement cruciale: la rescolarisation des élèves du secondaire et des étudiants qui forment le gros du bataillon des réfugiés.
En effet la rescolarisation dans le primaire se déroule sans grandes difficultés: les effectifs ont été accrus d'environ 7% ce que les écoles peuvent absorber sans avoir recours à des doubles vacations.
Mais le lycée du môle saint nicolas qui compte en temps normal 430 élèves se retrouve avec 125 de plus ce qui devient difficilement gérable. En 7ème année (équivalent de la sixième) il sont plus de cent dans une classe.
A Jean Rabel ils ont carrément ouvert un collège/lycée l'après midi pour les déplacés, mais ils ne savent pas avec quels moyens ils vont fonctionner d'ici à la fin de l'année scolaire.
A Bombardopolis, il n'y avait déja pas de première ni de terminale.
Grâce au financement de la fondation de france et aux dons récoltés, nous avons la possibilité d'appuyer ses écoles, mais pas forcément la capacité à prendre en charge la totalité du surcoût. Par ailleurs il n'est pas évident de trouver les compétences nécessaires.
Pour les étudiants en revanche, il paraît d'ores et déjà certain qu'ils auront perdu leur année académique. Nous réfléchissons à des actions d'accompagnement pour lutter contre l'oisiveté.
Au dela se pose le problème de la pérennisation du dispositif. Si l'on veut éviter comme l'a dit le président Préval de refaire la république de Port Au Prince, il faut doter toutes les communes d'un enseignement secondaire digne de ce nom et les chefs lieux de département d'un enseignement universitaire. Le problème c'est que la plupart des chefs lieux de département sont des villes à fort risque d'inondation (Les Cayes, Le Cap, Gonaïves, Port de Paix) et déja fortement bidonvillisées.
Finalement seul la ville de Hinche sort un peu du lot dans ce sens du fait de sa petite taille et de sa situation privilégiée sur le plateau central. Il y a surement une réflexion à mener pour un rééquilibrage économique au profit de cette zone.

lundi 1 mars 2010

Perfusion...

En médecine (domaine où je n'y connais strictement rien donc j'extrapole) ont peut perfuser:
  • Avec un bon vieux placebo, ça sert à rien mais ça rassure sinon le patient du moins sa famille.
  • Avec un médicament ou du glucose pour remettre le malade d'applomb.
  • En demandant son avis au patient...
Les HIMO (travaux à haute intensité de main d'oeuvre) en Haïti aujourd'hui ça ressemble beaucoup à la première option.
Tout le monde s'accorde plus ou moins sur la nécessité de placer le pays sous perfusion pendant quelques temps pour permettre une relance économique.
Mais quand on voit ce qui se passe actuellement sur Port Au Prince et dans pas mal de coin du pays on peut douter sérieusement de l'utilité des actions mises en place.
Des armées de gens équipé d'un balai s'obstinent à "nettoyer consciencieusement les rues à raison de trois balayeurs par mètres carrés, ailleurs ce sont des HIMO de réhabilitation de piste où des escouades font du reprofilage routier à l'aide d'une machette (ben oui le bailleur de fonds paye les ouvriers mais pas les outils...)
Dans ces conditions la majorité des gens refusent de se plier à ce genre de mascarade (on peut être pauvre et rester digne)
Tant mieux pour les gens qui vont pouvoir toucher le salaire minimum pendant quelques jours, mais une fois le programme terminé que restera t'il?
Alors ne systématisons pas certains s'efforcent de faire des choses intelligentes et il faut leur rendre hommage, mais il faut bien dire que ça part dans tous les sens.
ans le bas nord ouest en concertation avec les mairies, on va essayer de mettre plusieurs projets sur pied:
  • Sur Bombardopolis: le PDLB disposait déja d'un budget de 6 M de gourdes pour la réhabilitation des axes principaux, en mettant en place une activité HIMO d'un montant équivalent cela permettra de donner du travail à un maximum de gens tout en complêtant le budget avec le matériel lourd (tractopelle, rouleau, camion) indispensable et en achetant du ciment et autres matériaux nécessaires.
  • Sur Jean Rabel, on accompagnera le plan d'aménagement de la ville de Jean Rabel en réalisant des travaux d'aménagement des ravines surplombant la ville.
  • Enfin nous réfléchissons à l'accompagnement des travaux de semis pour permettre aux paysans d'acheter les semences nécessaires à l'emblavement des parcelles (semences dont les stock ont sigulièrement fondus avec l'arrivée de 2 à 3 réfugiés par famille)
Par ailleurs il faut sèrieusement réfléchir à la mise en place d'un programme d'accompagnement des petites et moyennes entreprises. Sur Port Au Prince, il y a un business énorme à développer ses jours ci autour des lampes rechargeables et de la recharge de téléphone par exemple (business qui permet notamment aux femmes ayant es enfants en bas âges de rester chez elles)