mardi 17 novembre 2009

Les différentes fonctions de l'électricité

Comprendre la démarche d'électrification d'ID/ADEMA, c'est d'abord s'intéresser aux différentes fonctions de l'énergie:

L'éclairage public:
Il s'agit clairement d'une mission de service public, on ne peut pas envisager de faire payer directement aux usagers pour cette fonction. Compte tenu de l'éclatement des "noyaux" urbains il est difficile d'envisager une mise en réseau des lampadaires entre eux.
Ca va sans dire mais ça va mieux en le disant: c'est la nuit qu'on a besoin d'éclairage public. Donc le recours à l'énergie solaire nécessite le recours à des moyens de stockage.

L'éclairage public a ici trois fonctions et le choix des modèles de lampadaires doit tenir compte de ces fonctions:

  • La sécurité des biens et des personnes en couvrant un espace le plus vaste possible.
  • L'accroissement du temps social propice au développement d'activités économiques connexes et concourant à l'attractivité de la zone.
  • Le travail scolaire: particulièrement en période d'examen de nombreux élèves se retrouvent pour étudier sous les lampadaires.

Les besoins domestiques:




Les kits de lumière du projet électrification rurale






Potentiellement exponentiels, ils sont aujourd'hui extrêmement faibles (de l'ordre de 40 Wh/jour) dans 80 % des foyers ruraux.
Il s'agit essentiellement d'assurer deux fonctions:
  • L'éclairage deux à trois heures par jour.
  • La recharge de cellulaire et la radio.
Les moyens étant très limités, il est particulièrement pertinent de réfléchir à un système bon marché, partiellement subventionné et constitué d'une réserve sur laquelle l'utilisateur tire en fonction de ses moyens et de ses besoins.
Ainsi de nombreux systèmes d'électrification thermique mis en place jusqu'à présent dans le pays fournissent 3 ou 4 heures d'électricité le soir alors que de nombreuses personnes se couchent moins de deux heures après le coucher du soleil. A l'inverse la majorité des Haïtiens se lèvent une à deux heures avant le lever du soleil, heure à laquelle ils ne bénéficient d'aucun éclairage.

Les besoins de production et de commerce

Il s'agit de besoin souvent importants, mais qui génèrent des revenus donc peuvent être l'objet d'une tarification adaptée conforme aux couts réels de production, moyennant un amortissement suffisamment long des investissements consentis.

On distingue trois types de besoins:

  • Les besoins ponctuels dans la journée (ébénisterie, transformation agricole, ferronnerie., cybercafé...) qui peuvent être produits "au fil du courant" dans le cadre d'un système solaire.
  • Les besoins continus (froid commercial en particulier) qui nécessitent une disponibilité du courant 24/24
  • Les besoins nocturnes (restaurant, discothèque...) la source d'énergie doit nécessairement transiter par un stockage ou faire appel à d'autres technologies que l'énergie solaire.

Associée à cette problématique, on retrouve l'accès aux différents services de bases qui constituent le principal frein au développement économique (tiens par exemple on retrouve la problématique des routes. C'est systémique le développement local et c'est l'un de ces principaux attraits)

L'accès aux services sociaux


Dans cette catégorie on retrouve les administrations (mairie, état-civil etc), les hôpitaux ou encore l'accès à l'eau potable (qui dans le cas de Bombardopolis nécessite de l'énergie pour son acheminement)
Selon les cas il s'agit de besoin gérables au fil du courant ou nécessitant de l'énergie 24/24

L'électrification rurale: la situation à Bombardopolis













En Haïti en général, et à Bombardopolis et le reste du Bas Nord Ouest en particulier, la question de l'accès à l'énergie sous une forme quelconque est complexe.
  • L'Electricité d'Haïti (EDH) est totalement absente de la zone.
  • L'éclairage se fait à la lampe à pétrole ou à la bougie.
  • Il n'y a pas d'éclairage public.
  • Plus de la moitié des foyers possède un téléphone portable mais aucun moyen de le recharger.
  • Occupé dans la journée aux travaux domestiques, les enfants ne peuvent étudier qu'après le coucher du soleil.
  • Le développement de nombreuses activités artisanales ou commerciales est rendu presque impossible du fait de l'absence de services de base (eau, électricité, gaz, financements adaptés)

Le Plan de Développement Communal de Bombardopolis faisait de la question de l'électricité une des priorités d'action pour les prochaines années.

Le projet d'électrification rurale de Bombardopolis est donc né de cette volonté.

mardi 10 novembre 2009

La lettre d'ID

ID a sorti sa lettre semestrielle sur le développement local.
C'est assez intéressant pour comprendre la démarche.
lettre ID ADEMA

lundi 9 novembre 2009

Quand les cabris contribuent au reboisement


Voici texto et brut de décoffrage une citation de mon ancienne prof de Zootechnie gisèle Alexandre spécialiste mondiale du Caprin créole. Elle répondait à une question de ma part sur les types de fourrage les plus adaptés:

"il faut se demmerder avec les arbustes fourragers !!! regardes ce que tu as dans la région (glyricidia, leucaena, erythrina , même des trucs locaux et aussi avec utilisation de sous-produits de cultures canne à sucre, banane, patates ..., l'arboriculture fruitière ) cela marche très bien avec les chèvres , et on assiste à un paradoxe , où grâce aux chèvres (réputées pour être dévastatrices pour les arbres (quand et parce que elles sont mal managées!!) où on peut relancer la replantation d'arbres dans des zones en crise de déforestation (Très bon exemple au Costa-Rica et autres Cuba et plus !!!) beaucoup de travaux des latino là-dessus nous (avec des modules pour stabulation y compris rudimentaire où les animaux sont nourris à base de feuillages et autres soiu-produits et où leur fumier sert aux cultures !!) on ne l'a pas fait mais on a des projets sur systèmes totalement intégrés entre polyculture, agroforesterie et animaux (le cabri est très intéressant!!mais les autres aussi et sont complémentaires cochons, lapins, moutons ...) ) il y a beaucoup à dire !! on a de très bons contacts avec un "génie" de la chose qui le pratique chez lui en Colombie et l'a pratiqué au Vietnam Reg PRESTON"

Que dire de plus!!!
Même si pour le moment les chèvres sur la piste de la zone côtière se sont surtout attaquées sérieusement aux magnifiques petits pieds de flamboyant que nous avions semés...

Pour aller plus loin plus d'infos là:

http://www.cipav.org.co

Le projet recapitalisation caprine

Tout d'abord quelques petits rappels et informations pour mieux comprendre le projet de recapitalisation caprine:

  • La zone côtière n'est qu'une petite partie du territoire communal, l'essentiel de la commune est constitué d'un plateau calcaire autour de 500 m d'altitudes soumis à un régime pluviométrique cahotique donc assez impropres à l'agriculture.
  • Toutes ces activités s'inscrivent dans le cadre du Programme de Développement Local de Bombardopolis qui travaille en appui à la Mairie.
  • L'élevage caprin est la principale activité économique avec la production de charbon.
  • Bien mené un projet d'élevage caprin contrairement à une idée très répandue peut contribuer au renforcement du couvert végétal (nous y reviendrons)
  • Dans le Plan de Développement Communal, l'élevage a été identifié comme une des activités économiques à plus fort potentiel de développement.
  • Les cyclones de septembre 2008 ont entrainé la perte de plusieurs centaines de têtes de bétail.
  • La race de caprin créole est extrèmement résistante, mais son potentiel de croissance est assez limité.

En octobre 2008, une mission d'agronomes de l'ITECA (un organisme haïtien qui oeuvre depuis de nombreuses années dans le domaine de la formation) est venue faire un bilan des conséquences des cyclones et a proposé au PDLB un projet de recapitalisation caprine dont les étapes se décomposent comme suit:

Formation des APSA

Quarante APSA (Agents de Production et de Santé Animale) ont été formés entre janvier et Aout 2009. L'une des idées force dans le concept d'APSA est qu'ils ne sont pas de simples agents vétérinaires.
Ils ont été formés avant tout comme des techniciens de production, il est bien évident qu'une chèvre en forme a beaucoup moins de chance d'être malade qu'une chêvre rachitique et anémiée.
Le paradoxe généralement dans beaucoup de projets orientés santé animale est que l'agent vétérinaire n'a aucun intérêt à ce que les animaux soient en santé puisque son revenu est dépendant des maladies!!!



Les boucs:

Ce sont des animaux de race Boer, une race africaine importée depuis plusieurs années en Haïti et qui offre des caractéristiques de rusticité et de croissance tout à fait intéressantes.
Douze animaux 3/4 Boer ont été achetés et distribués à 12 APSA, ceux ci versent une redevance au projet chaque mois et font payer les saillies. Tous les 3 à 6 mois les boucs sont changés de zone pour éviter les risques de consanguinité.
Tous les issus mâles (au moins ceux du projet) seront castrés pour éviter une dilution génétique.












Les femelles:






De race locales, elles sont choisies pour leur qualités phénotypiques (à partir de critères de sélection visuels).
Chaque bénéficiaire reçoit trois chèvres, et bénéficie d'un crédit sur 18 mois (soit deux portées). La plus value génétique apportée par les croisements permet que les issus se vendent près de 50 % plus chers que les parents. Cela permet que le bénéficiaire puisse payer son crédit tout en bénéficiant d'une plus value importante.

Voila la théorie, nous reviendrons ultérieurement avec d'autres informations.
N'hésitez pas à poser toutes les questions qui vous passent par la tête pour m'aider à compléter.

beaux dimanches à Bombardo


Dimanche 8 novembre
Je me lève à 6 h, je descend à Anse-à-chatte.
Après avoir fait le plein je monte sur le bacoe-loader (c'est facile ça se conduit comme un téléscopique) et c'est parti pour jean macoute. Une petite demie heure de pratique sur la partie tracto et c'est bon je peux commencer à bosser efficacement.
En cours de route je retape les quelques endroits où la pluie a fait des dégâts, je récupère du remblais sur la plage pour mettre dans les zones boueuses.
Une journée de bonheur intégrale!!!
En plus en cours de route un petit crachin me gratifie d'un magnifique arc-en-ciel.
Vers 16 h 30 j'arrive à jean macoute, je consacre une petite heure au carénage (je reste planté dans la boue deux fois). Une bonne centaine de spectateurs attendent désespérément que je me plante.
Puis je reprends la route pour anse à chatte et j'arrive chez moi vers 9 h du soir.
Epuisé mais heureux.

lundi 26 octobre 2009

Le rouleau

Quand on remblaie il faut compacter.
On a donc loué un petit rouleau vibrant que voici conduit de main de maître par notre directrice:

Bon vous en avez peut être un peu marre de n'entendre parler que de bulldozer, de bacoe loader de rouleaux et autres gros engins...
Dans les prochains messages nous parlerons des autres projets.
PS: Merci célia pour ton message de soutien

lundi 12 octobre 2009

Le bacoe loader



Egalement appellé dans la langue de molière un tracto-pelle.
Accompagné d'un petit rouleau vibrant dont nous parlerons dans un autre message, il est venu remplacer notre valeureux bulldozer.
Son arrivée fut aussi épique que celle du Bulldozer puisque le camion chargé de l'amener à cette fois capoté à plus de 40 km de Bombardopolis (contre 30 km la dernière fois). Il fallait charger le rouleau dans un petit camion et donc construire une rampe en terre. Bref tout ce petit matériel mis une trentaine d'heure pour faire Bombardopolis Port Au Prince!!!
La routine quoi.
Le Bacoe loader va nous permettre:
  • De creuser les canaux de contours permettant la collecte et le drainage des eaux de pluies.
  • De préparer les remblais et de les charger dans les camions.
  • D'étaler les remblais sur la route
  • De modeler les talus surplombants la route de façon à éviter les risques d'éboulements.
  • De finaliser le carénage.

Le rouleau pour sa part permettra de compacter les remblais et d'éviter ainsi leur lessivage à la prochaine pluie.

vendredi 9 octobre 2009

La protection environnementale

Un certain ingénieur de ma connaissance avait envoyé un message attirant notre attention sur les aspects environnementaux et la pérennité de la route notamment en cas de pluie.
Alors voici quelques éléments de réponse:
La végétalisation:
Des deux côtés de la route sur les 6 Km de pente nous avons semés à 50 cm d'intervalles des pieds de flamboyants qui ont presque tous levés.
Pour mémoire un flamboyant en fleur ça ressemble à ça:


Les nôtres pour le moment ressemble plutôt à ça:
Cette végétalisation permettra à moyen terme une stabilisation des talus en plus de l'ombrage et de l'aspect esthétique (en guadeloupe' ah oui et puis aussi dans kirikou il existe la route des flamboyants qui à la saison des fleurs est absolument magnifique).

Le gabionnage et les murs secs

Un gabion c'est une cage grillagée que l'on remplit de roches pour stabiliser des talus.
Nous en avons implanté une cinquantaine dans les zones les plus sensibles (cf photos ci dessous)





















Les murets de pierre sèche ou seuils sont intégrés dans les nombreuses ravines que traverse la route. Il permettent de ralentir la force de l'eau et de retenir les alluvions en amont de celle ci.


Les canaux de contour.

Il seront bientôt creusés par le bacoe loader (le quoi? patience on vous dit), ils permettent de récolter les eaux d'écoulement le long de la route et de les canaliser vers des exutoires pertinents. Nous en reparlerons dans un prochain message. Toutes les traversées de la route se font grâce à des cassis en pierre sèche ou béton.